8 mars 2016

Tout s’explique

Les propositions de la Turquie face à la crise des migrants

Que réclame la Turquie ?

Alors que 130 000 migrants ont rejoint l’Europe depuis le début de l’année, la Turquie a proposé hier à l’UE ses conditions pour lui éviter une crise humanitaire. Le Premier ministre turc offre de récupérer les Syriens présents en Grèce, de contrôler leur identité en Turquie puis d’acheminer vers l’Europe ceux qui peuvent prétendre à l’asile. La Turquie réclame en échange trois milliards d’euros supplémentaires d’ici 2018, en plus des trois milliards déjà validés par les 28. Elle demande aussi une accélération de la délivrance des visas accordés aux Turcs pour l’espace Schengen. Les Européens doivent avaliser cet accord la semaine prochaine.

Quel rôle a joué la France dans les négociations ?

La proposition turque a été élaborée avec la chancelière allemande Angela Merkel. Seuls Mark Rutte, Premier ministre néerlandais, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union, et Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, ont pu participer aux négociations. Selon Le Monde, la France n’a pas été conviée aux discussions à cause des critiques ouvertes de Manuel Valls à l’encontre de la politique d’accueil de l’Allemagne, mais aussi en raison de son refus d’un mécanisme permanent de relocalisation des réfugiés.

La Turquie est-elle un partenaire gênant ?

« Les relations avec la Turquie étaient, sont et restent toujours très difficiles, mais nous devons coopérer pour l’intérêt des réfugiés », a déclaré hier le président du Parlement européen Martin Schulz. Ce pragmatisme a permis au Premier ministre turc d’éviter toute critique sur la liberté de la presse, alors que le gouvernement a mis sous tutelle le journal d’opposition Zaman dimanche et l’agence de presse Cihan hier. Les pays européens n’ont pas non plus dénoncé les bombardements menés par le régime d’Ankara sur les zones contrôlées par les Kurdes en Syrie.