9 mars 2016

Tout s'explique

Mobilisation contre la réforme du Code du travail

Quelle est l’ampleur de la mobilisation contre la loi El Khomri ?

Environ 200 rassemblements ont eu lieu à travers la France, cet après-midi, contre le projet de loi de réforme du Code du travail. Les manifestations ont mobilisé 400 000 à 500 000 personnes, selon les organisateurs, dont 100 000 à Paris (27 000 selon la police). La plupart des rassemblements ont été initiés par l’Unef, le premier syndicat étudiant, et des organisations lycéennes comme la SGL, l’UNL et la Fidl. Quatre syndicats de salariés (CGT, FO, FSU, Solidaires) étaient également présents à leurs côtés. Les organisations « réformistes » (CFDT, CFE-CGC, CFTC, Unsa) ne se sont pas associées à ces actions. Tous ces mouvements seront toutefois présents lors de la deuxième journée de mobilisation prévue samedi. L’Unef appelle à une troisième manifestation le 17 mars.

Quels sont les mots d’ordre des manifestants ?

Parmi les revendications les plus répandues : le retrait du plafonnement des indemnités prud’homales accordées en cas de licenciement abusif et la suppression de la redéfinition du licenciement économique, qu’ils jugent trop large. Elles font partie des 22 griefs cités par la pétition en ligne lancée par la militante de gauche Caroline de Haas et signée par 1,2 million de personnes. La plupart des manifestants (CGT, FO, Unef, etc.) réclament le retrait pur et simple du projet de loi, quand les syndicats absents du mouvement d’aujourd’hui appellent à une modification en profondeur.

Qu’en pensent les économistes ?

Deux visions s’opposent. D’un côté, des économistes comme Jean Tirole (prix Nobel 2014), Philippe Aghion ou Olivier Blanchard, qui considèrent dans une tribune publiée vendredi dans Le Monde, que cette réforme poussera les entreprises à embaucher en CDI [€], ce qui réduira la précarité liée au CDD (difficultés pour se loger notamment). D’autres économistes plus marqués à gauche, dont Thomas Piketty, ont affirmé hier (toujours dans Le Monde), que la réduction des coûts de licenciement n’aurait aucune incidence sur le chômage [€].