17 mars 2016

Tout s'explique

Le gouvernement relève les salaires des fonctionnaires

Comment leur salaire est-il calculé ?

La ministre de la Fonction publique Annick Girardin a proposé ce matin aux organisations syndicales d’augmenter le point d’indice des fonctionnaires de 1,2 %, en deux fois (juillet 2016 et février 2017), se traduisant par une hausse générale des salaires des agents employés par l’État. Concrètement, pour établir la paie d’un fonctionnaire, on multiplie la valeur de ce point d’indice (aujourd’hui 4,63 euros) par ce qu’on appelle « l’indice majoré », dont la valeur dépend du niveau de diplôme et de l’ancienneté. S’ajoutent ensuite diverses rémunérations selon le lieu de résidence ou la composition du foyer. Avec la mesure annoncée par le gouvernement, un professeur des écoles qui termine sa première année (1740,88 euros brut mensuel) verra son salaire augmenter de 22,56 euros brut. Les syndicats ont salué le geste du gouvernement, mais jugé qu’il était « insuffisant ».

Leur pouvoir d’achat a-t-il baissé ?

Le point d’indice est gelé depuis 2010, un moyen de limiter le poids des salaires de la fonction publique dans le budget de l’État. Mais un salaire qui n’augmente pas, c’est une baisse masquée pour le salarié : le coût de la vie augmente naturellement avec l’inflation (+6,7 % depuis 2010). Ainsi, les syndicats FO et CGT considèrent que les fonctionnaires ont perdu entre 8 et 10 % de leur pouvoir d’achat en cinq ans. Cette affirmation doit être nuancée : si le salaire réel moyen a bien chuté, la Cour des comptes explique que cette baisse est liée au remplacement de nombreux fonctionnaires partis à la retraite par des jeunes recrues moins bien payées. Enfin, les salaires des fonctionnaires augmentent automatiquement avec l’ancienneté même lorsque le point d’indice n’évolue pas.

Combien cette mesure va-t-elle coûter à l’État ?

Le gouvernement a précisé que la mesure coûterait 2,4 milliards d’euros, sans préciser comment elle sera financée. « On voit bien que la campagne présidentielle a commencé de façon absolument désastreuse. C’est de l’électoralisme aux frais des Français », a déclaré le secrétaire général du parti Les Républicains Éric Woerth, alors qu’il était interrogé hier sur l’éventualité d’un dégel du point d’indice. La semaine passée, le chef de l’opposition Nicolas Sarkozy a proposé de réduire les effectifs publics de 300 000 personnes en cas de victoire en 2017.