31 mars 2016

Tout s'explique

Mobilisation tendue contre la loi Travail

Que réclament les syndicats ?

Les opposants à la loi Travail ont défilé pour la troisième fois en un mois. Sept syndicats avaient appelé à la grève. Parmi eux, la CGT, FO, Solidaires, la FSU et trois syndicats de lycéens et étudiants. Ils réclament le retrait intégral du texte, au contraire des syndicats dits « réformistes » comme la CFDT, qui se sont mis en retrait de la contestation après les assouplissements consentis mi-mars par le gouvernement. Le projet de loi prévoit notamment d’assouplir les conditions du licenciement économique, d’ouvrir le forfait jours (régime dérogatoire aux 35 heures) aux entreprises de moins de 50 salariés et d’instaurer un barème indicatif pour les indemnités de licenciement. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 9 avril.

Comment se sont déroulées les manifestations ?

Une trentaine de personnes ont été interpellées, dont une dizaine à Paris où des individus cagoulés se sont mêlés aux manifestants pour affronter les forces de l’ordre. À Toulouse, les réseaux sociaux ont diffusé plusieurs vidéos montrant des policiers utilisant du gaz lacrymogène sur des manifestants au sol. À Nantes et Rennes, l’AFP a rapporté que des pierres et des bouteilles en verre avaient été jetées sur la police, qui a répliqué avec des canons à eau. Trois policiers ont été blessés à Marseille.

Que risque le policier qui avait frappé un lycéen la semaine dernière ?

L’auteur présumé du coup de poing contre un lycéen de 15 ans, jeudi dernier à Paris, a été placé en garde à vue ce matin. Il était convoqué par l’IGPN (la police des polices) dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte la semaine dernière. Dans une vidéo filmée par des lycéens, on voit un jeune homme à terre entouré par trois policiers. L’un d’eux lui demande de se relever, puis un autre gardien de la paix lui assène un violent coup de poing au visage. Il encourt trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.