1er avril 2016

Tout s'explique

Tesla tente de bouleverser le marché de la voiture électrique grand public

Ce nouveau véhicule de Tesla est-il une rupture pour le secteur ?

Le constructeur de voitures électriques Tesla a présenté hier un nouveau modèle, la Model 3, au design inspiré des berlines de sport. Attendue fin 2017 aux États-Unis et courant 2018 en Europe, elle sera proposée à un tarif décrit comme « abordable » par le patron de l’entreprise Elon Musk : 35 000 dollars (30 700 euros) hors bonus écologique. En France, le gouvernement offre jusqu’à 10 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique. La Model 3 ne devient pas la moins chère des voitures électriques (la Renault Zoé coûte 13 700 euros une fois le bonus déduit), mais elle présente des performances bien supérieures aux modèles d’entrée de gamme existants : 0 à 100 km/h en six secondes (13,5 secondes pour la Zoé) et 345 kilomètres d’autonomie (150 à 200 kilomètres pour la Zoé).

À quelles difficultés le constructeur va-t-il être confronté ?

Tesla a un volume de ventes faible : seulement 50 600 véhicules ont été écoulés l’an dernier. Vendus à partir de 68 000 euros, ses produits sont actuellement réservés à une clientèle très aisée. Avec la Model 3, le constructeur californien espère produire 500 000 voitures par an d’ici 2020. L’augmentation de la cadence va nécessiter des investissements importants [€] pour adapter son unique usine, sécuriser les fournisseurs et élargir le réseau de distribution. Pour l’instant, le client potentiel n’a pas d’autre choix que de passer par le site internet de Tesla pour acheter son véhicule. Cinq à dix mois sont ensuite nécessaires pour la livraison.

Comment se porte le marché de la voiture électrique ?

En 2015, les ventes de véhicules électriques en France sont en augmentation de 64 % par rapport à l’année précédente, grâce notamment au dispositif d’incitation du gouvernement (prime à l’achat, crédit d’impôt pour l’installation de bornes de recharge à domicile). La France (22 187 ventes) constitue le deuxième marché européen derrière la Norvège (26 757 ventes). En revanche, le marché a baissé aux États-Unis, sous l’effet de la chute des prix du pétrole (-17 % à 102 600 immatriculations). Les véhicules électriques et hybrides ont représenté 0,6 % des ventes au niveau mondial (1,2 % en France).