11 avril 2016

Tout s’explique

Le gouvernement tente de séduire les jeunes

Quelles sont les propositions du gouvernement ?

Le Premier ministre Manuel Valls a présenté une série d’amendements à la loi Travail, afin de calmer la contestation des jeunes. Parmi les mesures proposées, chiffrées entre 400 et 500 millions d’euros par an : une garantie locative qui verrait l’État se porter caution pour les jeunes de moins 30 ans n’ayant pas de garant solvable, la prolongation des bourses jusqu’à quatre mois après l’obtention du diplôme, une revalorisation de 10 % pour les bourses versées sur critères sociaux, l’octroi de 1 000 euros par an pour les étudiants exemptés de droits d’inscription à l’université, une couverture maladie universelle complémentaire pour les jeunes en rupture avec leur famille, le versement d’un supplément annuel allant jusqu’à 400 euros pour les apprentis de moins de 20 ans.

Comment compte-t-il favoriser les embauches en CDI ?

La mesure phare du gouvernement est une surtaxation des CDD, afin de pousser les employeurs à proposer des CDI. Manuel Valls a expliqué qu’elle passerait par une augmentation des contributions patronales à l’assurance chômage, dont les partenaires sociaux seront invités à définir le niveau. Les CDD sont déjà surtaxés par rapport aux CDI. Depuis 2013, les cotisations patronales d’assurance chômage des CDD sont majorées de 4 % à 7 % selon la durée du contrat. Cette mesure ne s’est pas révélée efficace : 87 % des embauches se sont faites en CDD en 2015 – un record – contre 70 % en 2008.

Comment ces annonces ont-elles été accueillies par les syndicats ?

William Martinet, président de l’Unef, la première organisation syndicale étudiante, a salué ces annonces, tout en indiquant qu’il restait mobilisé contre la loi Travail. Une septième manifestation étudiante aura lieu le 28 avril dans toute la France. Du côté du patronat, la CGPME, qui représente les patrons des petites et moyennes entreprises, a menacé quitter les négociations sur l’assurance chômage. Début mars, le Medef avait quant à lui déclaré qu’une telle taxation serait « prendre le problème par le mauvais côté ».