18 avril 2016

Tout s'explique

Les députés brésiliens votent pour la destitution de Dilma Rousseff

Dilma Rousseff est-elle certaine d’être destituée ?

Dimanche soir, 367 députés brésiliens sur 513 ont voté en faveur de la destitution de la présidente du Brésil Dilma Rousseff, franchissant la barre des deux tiers nécessaire à la poursuite de la procédure. Le Sénat, dominé par l’opposition, se prononcera à la majorité simple autour du 11 mai. Cette nouvelle approbation, probable, écarterait Dilma Rousseff du pouvoir pendant au maximum 180 jours. Elle serait alors remplacée par son vice-président, le centriste Michel Temer, ancien soutien devenu l’un de ses opposants. Un deuxième vote du Sénat serait ensuite organisé et nécessiterait une majorité des deux tiers pour que Dilma Rousseff soit définitivement évincée.

Est-elle suspectée de corruption ?

Non. Dilma Rousseff est accusée d’avoir maquillé les comptes publics pour favoriser sa réélection en 2014. Plusieurs membres du Parti des travailleurs, dont elle est issue, sont suspectés dans le vaste scandale de corruption impliquant la compagnie pétrolière publique Petrobras, mais son nom n’apparaît pas à ce stade dans ce dossier. Au-delà du motif officiel de la procédure, les députés ayant voté pour la destitution sont aussi influencés par les conséquences de l’affaire Petrobras, la récession dans laquelle le pays s’enfonce et le rejet de la population. Michel Temer, son remplaçant potentiel, est quant à lui accusé d’être mêlé à un système frauduleux d’achat d’éthanol et pourrait risquer à son tour une procédure de destitution.

Un président français pourrait-il subir le même sort ?

En France, la destitution d’un président de la République n’est possible que depuis 2014, avec l’entrée en vigueur d’une loi permettant l’application de la révision constitutionnelle de 2007. Le président peut être déchu de ses fonctions par le Parlement réuni en « Haute Cour », en cas de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». La procédure, déclenchée par l’Assemblée nationale ou le Sénat, doit ensuite être validée par un vote des deux tiers dans les deux chambres.