19 avril 2016

Tout s’explique

L’Argentine revient sur les marchés financiers après 15 ans d’absence

Pourquoi le pays en était-il absent ?

Pour la première fois depuis 2001, l’Argentine a réussi à émettre aujourd’hui 12,5 milliards de dollars d’obligations (titres de créances) sur les marchés financiers, la demande étant même plus de cinq fois supérieure à l’offre. La troisième économie d’Amérique latine était exclue des marchés depuis 15 ans. D’abord parce qu’elle a connu plusieurs faillites successives, puis à cause d’un contentieux avec des fonds spéculatifs qualifiés de « fonds vautours » par l’ancienne présidente Cristina Kirchner. Ces créanciers avaient obtenu de la justice américaine que l’Argentine soit privée d’accès aux marchés financiers, après son refus de rembourser intégralement ses dettes.

Qu’est-ce qui a permis son retour ?

L’État a de nouveau la possibilité de se financer sur les marchés grâce à l’accord obtenu en mars par le nouveau président argentin, Mauricio Macri. Les fonds spéculatifs ont accepté son offre de rembourser 72,5 % des montants réclamés. Les gouvernements de Nestor Kirchner (2003-2007) puis de son épouse Cristina (2007-2015) s’étaient tenus à l’écart des marchés de capitaux, parvenant à désendetter le pays grâce aux exportations agricoles, soutenues par la hausse des prix des matières premières. C’est la baisse des cours qui a nécessité un retour sur les marchés de capitaux.

Qu’est-ce qu’un « fonds vautour » ?

Ce sont des fonds d’investissement spéculatifs dont la spécialité est de racheter à bas prix des titres de dettes émis par des États ou des entreprises en difficulté. Leur but est de réaliser une plus-value en réussissant à se faire rembourser la dette, par exemple en obtenant une décision de justice imposant un remboursement proche de la valeur initiale assorti de pénalités de retard. Ainsi, le fonds américain Elliott va empocher la somme de deux milliards de dollars pour des obligations argentines achetées 80 millions de dollars au début des années 2000.