27 avril 2016

Tout s’explique

Des nouvelles élections législatives en Espagne

Pourquoi y aura-t-il de nouvelles élections ?

Le roi d’Espagne Felipe VI a annoncé hier soir qu’aucun candidat n’était en mesure de réunir une majorité au Parlement. De nouvelles élections législatives auront donc lieu le 26 juin. Lors du précédent scrutin, en décembre, le paysage politique espagnol s’est transformé : le bipartisme qui était la norme depuis 1978 a cédé la place au multipartisme, avec l’émergence de la formation de gauche radicale Podemos (qui a obtenu 65 sièges de députés sur 350) et des libéraux de Ciudadanos (40 sièges). Le Parti populaire (droite conservatrice, 123 sièges) et le Parti socialiste (90 sièges) ne peuvent plus espérer réunir une majorité seuls.

Pourquoi aucune coalition n’a-t-elle pu être trouvée ?

Arrivé premier lors des élections de décembre, le Parti populaire avait la charge de former une majorité, mais y a renoncé fin janvier après le refus des socialistes de constituer une grande coalition droite-gauche. Chargé à son tour de réunir une majorité, le Parti socialiste a pu s’entendre avec Ciudadanos, mais pas avec Podemos. Le parti de gauche radicale réclamait le droit à l’autodétermination de la Catalogne et une répartition proportionnelle des ministères en fonction du résultat du vote. Deux revendications rejetées par les deux autres formations.

Quelle est la stratégie de Podemos ?

À la mi-avril, les membres de Podemos étaient appelés à se prononcer sur le soutien à l’investiture d’un gouvernement socialiste. Les militants ont rejeté cette éventualité à 88 %, estimant que la préservation de leurs principes et l’absence de relations avec des partis considérés comme corrompus devaient prévaloir. Le chroniqueur politique d’El Pais Patxo Unzueta voit dans la stratégie de Podemos des similarités avec celle de Syriza en Grèce, le parti de gauche radicale arrivé au pouvoir en 2015 après avoir dépassé la gauche modérée : « Ils veulent éliminer le Parti socialiste. Cela leur convient donc de répéter les élections. Ils sont persuadés que leur électorat va crescendo et qu’ils pourront devenir la seule et vraie opposition de gauche. »