6 mai 2016

Tout s’explique

Nouveau revers du Labour aux élections locales britanniques

Pourquoi l’opposition sort-elle perdante de ce scrutin ?

Le parti travailliste est en recul aux élections régionales et locales qui avaient lieu hier en Grande-Bretagne. S’il limite la casse en Angleterre, il devrait perdre la majorité absolue au Pays de Galles et reculer à la troisième place en Écosse. Il y est battu par les indépendantistes, mais surtout dépassé par les conservateurs, alors que ces derniers y réalisent traditionnellement de faibles scores. Le Labour n’a pas su profiter des difficultés des Tories, au pouvoir, qui sont pourtant divisés sur le Brexit et mènent une politique d’austérité impopulaire. Les travaillistes se déchirent eux aussi depuis septembre et l’élection à leur tête de Jeremy Corbyn, partisan d’une ligne radicale. Ils ont également été secoués par des accusations d’antisémitisme au sein du parti.

Pourquoi le scrutin londonien est-il un cas à part ?

Le travailliste Sadiq Khan, 45 ans, devrait succéder à Boris Johnson à la mairie de Londres. Les résultats finaux seront annoncés ce soir, mais les premiers dépouillements lui donnent une confortable avance. Ce fils de chauffeur de bus pakistanais est l’une des rares satisfactions de la gauche. Opposé au conservateur Zac Goldsmith, fils d’un milliardaire, il a fait campagne contre le prix exorbitant du logement et des transports. Sadiq Khan a déclaré vouloir devenir « le musulman britannique qui vaincra l’extrémisme et la radicalisation ». Si son élection se confirme, il deviendra le premier maire musulman d’une grande ville occidentale.

Les résultats en Écosse peuvent-ils relancer la question de l’indépendance ?

Le SNP indépendantiste a remporté sa troisième victoire de suite aux élections écossaises. Il perd toutefois la majorité absolue et devra compter sur l’apport de voix de plus petits partis. Cette victoire pourrait pousser le gouvernement écossais à réclamer un nouveau référendum d’indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni, bien que le « non » l’ait emporté en 2014. La Premier ministre Nicola Sturgeon a prévenu que la question se reposerait si le Royaume-Uni décidait de quitter l’Union européenne le 23 juin. La majorité des Écossais sont pro-européens.