9 mai 2016

Tout s’explique

La Grèce montre sa bonne volonté à l’Europe

Quels nouveaux sacrifices la Grèce a-t-elle acceptés ?

Le Parlement grec a adopté la nuit dernière une série de réformes, dont la réduction des retraites les plus élevées et une augmentation des impôts pour les moyens et hauts revenus. Ces changements font partie d’un ensemble de 223 mesures qui ont fait l'objet d'un accord en juillet dernier entre la Grèce et ses créanciers (UE, BCE, FMI) pour le déclenchement d'un troisième plan d’aide. Le Premier ministre Alexis Tsipras s’était alors engagé à 5,4 milliards d’économies budgétaires d’ici fin 2018 en échange de 86 milliards d’euros de prêts. Les réformes votées cette nuit représentent 3,6 milliards d’euros d’économies.

La Grèce peut-elle voir sa dette allégée ?

En montrant sa bonne volonté, Alexis Tsipras souhaite obtenir une restructuration de la dette grecque (180 % du PIB). Ce terme peut signifier une réduction ou un rééchelonnement des remboursements. Le sujet a fait l’objet d’une discussion cet après-midi lors d’un sommet de l’Eurogroupe, la réunion des ministres des Finances de la zone euro. Son président Jeroen Dijsselbloem a déclaré qu’une position commune devrait être trouvée d’ici le 24 mai. Deux positions s’opposent : le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble ne veut pas entendre parler d’une restructuration, mais le FMI estime que les objectifs imposés à la Grèce ne sont pas tenables sans un allègement de la dette.

Alexis Tsipras a-t-il le soutien des Grecs ?

Le vote des députés a été précédé par un mouvement de grève vendredi et samedi, principalement suivi dans les transports en commun. Aucune liaison maritime n’est effectuée entre le continent et les îles depuis vendredi. 26 000 personnes ont manifesté à Athènes et Thessalonique, les deux principales villes du pays, selon des chiffres fournis par la police. La mobilisation est toutefois plus faible que début février lors de la dernière manifestation contre la réforme : 50 000 personnes avaient été comptabilisées, dont 40 000 à Athènes. Alexis Tsipras dispose d’une majorité favorable, débarrassée des élus les plus radicaux depuis les élections législatives organisées en septembre.