13 mai 2016

Tout s’explique

Hollande annonce la fin de l’opération Sangaris en Centrafrique

La Centrafrique est-elle sortie du chaos ?

François Hollande s’est rendu aujourd’hui en Centrafrique. Il est venu annoncer la fin de l’opération militaire Sangaris, débutée en décembre 2013, qui doit s’achever en décembre. 650 soldats français sont encore sur place, mais le contingent en a compté jusqu’à 2 000 au plus fort de la guerre civile entre milices Seleka (musulmans) et anti-Balaka (chrétiens). La France s’était engagée aux côtés de l’ONU pour stopper les massacres intercommunautaires. Le calme est aujourd’hui revenu, notamment grâce à l’élection fin mars du nouveau président Faustin-Archange Touadéra. Il est chargé de réconcilier les différentes communautés et de gérer la question des réfugiés. En janvier, l’ONG Médecins sans frontières estimait que 20 % de la population de ce pays d’un peu moins de 5 millions d’habitants avait été déplacée ou s’était réfugiée à l’étranger à la suite des combats.

La France va-t-elle complètement se retirer ?

L’armée française va maintenir 250 soldats sur place, dont certains seront affectés à la formation de l’armée centrafricaine. Les autres intégreront la mission de l’ONU, la Minusca, qui compte environ 11 000 militaires et policiers. La France sera également chargée de fournir des renseignements aux Nations unies, en déployant cinq drones de surveillance d’ici l’année prochaine. Quelques soldats continueront à assurer la sécurité à l’aéroport de Bangui.

Le bilan de l’armée française est-il totalement positif ?

La réputation de l’armée française est entachée par des accusations d’abus sexuels visant plusieurs soldats. Le parquet de Paris a ouvert une enquête début avril. L’ONU explique avoir reçu les témoignages de 108 victimes présumées, en grande majorité des mineures. Deux autres enquêtes ont été ouvertes en France en 2014 et 2015 pour des faits similaires. Dans la première, cinq soldats français ont été entendus sans être mis en examen.