16 mai 2016

Tout s’explique

Le gouvernement face aux violences lors des manifestations

Quelle est l’ampleur des violences lors des manifestations récentes contre la loi Travail ?

Rennes a été touchée par des violences ce week-end, comme plusieurs villes ces dernières semaines (Paris, Nantes et Caen notamment). Environ 300 personnes ont endommagé des commerces et des bâtiments publics vendredi soir. Samedi, les forces de l’ordre ont empêché un rassemblement, interdit par les autorités, de 700 manifestants venus dénoncer les violences policières. Deux hélicoptères et des canons à eau ont été utilisés. Le 28 avril, un jeune manifestant rennais avait perdu l’usage d’un œil à la suite d’un tir de flashball. Une enquête de la police des polices est en cours. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé hier « des groupes d’une extrême violence », tout en rappelant aux forces de l’ordre qu’elles devaient être « irréprochables ». Il a déclaré que 1 300 interpellations avaient eu lieu en France depuis le début des manifestations il y a deux mois.

Pourquoi certaines personnes n’ont-elles pas le droit de manifester cette semaine ?

Une dizaine de militants d’Île-de-France engagés contre la réforme du code du travail se sont vu notifier par la préfecture une interdiction de manifester demain à Paris. Parmi eux, certains membres de collectifs antifascistes interrogés par Le Monde déclarent ne jamais avoir été interpellés précédemment. Ils ont également l’interdiction de se rendre en soirée place de la République, où se réunit le mouvement Nuit debout. Le préfet justifie cette interdiction par la loi sur l’état d’urgence, en vigueur depuis les attentats du 13 novembre, qui permet d’interdire la circulation de toute personne cherchant à entraver l’action des pouvoirs publics.

Les forces de l’ordre sont-elles débordées ?

À l’appel de la plupart de leurs syndicats, les policiers français ont prévu de manifester à leur tour mercredi contre la « haine anti-flic ». Le rassemblement aura lieu place de la République à Paris. Les gardiens de la paix s’estiment pris pour cible par une partie des manifestants contre la loi Travail. 300 d’entre eux ont été blessés ces derniers mois, selon Alliance, le premier syndicat de policiers, qui juge les agents « fatigués, épuisés ». Un rapport de l’ONU publié vendredi sur le comportement des forces de l’ordre françaises pointe un « usage excessif de la force par la police et la gendarmerie ayant dans certains cas entraîné des blessures graves et des décès ». L’ONU vise notamment la mort en 2014 du militant écologiste Rémi Fraisse.