20 mai 2016

Tout s’explique

Enquête sur le crash de l’A320 d’EgyptAir

Que sait-on de l’accident ?

Un Airbus A320 de la compagnie EgyptAir, assurant la liaison Paris-Le Caire, s’est abîmé hier au petit matin en mer Méditerranée. 66 personnes étaient à bord, dont 15 Français. Après des déclarations contradictoires hier de la part de l’Égypte et de la compagnie, l’armée égyptienne a annoncé aujourd’hui que des débris avaient été retrouvés à 290 km au nord d’Alexandrie. Le ministre de la Défense grec a confirmé ces informations en début d’après-midi. Les boîtes noires n’ont pas encore été localisées. Le pilote n’a signalé aucun problème avant que l’appareil ne disparaisse des écrans radars. Les conditions de vol étaient excellentes.

Par qui l’enquête est-elle menée ?

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), l’autorité responsable en France des enquêtes de sécurité dans l’aviation civile, a envoyé hier trois de ses membres en Égypte. Ils sont accompagnés d’un conseiller d’Airbus. Ils devaient rencontrer cet après-midi les responsables de l’aviation civile égyptienne, avec qui ils mèneront l’enquête. Le BEA intervient pour deux raisons : plusieurs victimes sont françaises et l’avion a été fabriqué par une entreprise ayant son siège en France. Son expertise est reconnue mondialement. Le BEA est placé sous la responsabilité du ministère de l’Écologie et du Développement durable (et donc des Transports).

À quelles difficultés se sont heurtées les précédentes enquêtes impliquant l’Égypte ?

Le crash intervient après l’explosion en octobre d’un avion russe assurant la liaison Charm el-Cheikh-Moscou. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait attendu fin février pour admettre qu’il s’agissait d’un attentat perpétré par Daech. En 2004, le crash d’un avion reliant Charm el-Cheikh à Paris avait conduit à deux conclusions différentes : erreur de pilotage selon le BEA, défaillance du pilote automatique du Boeing pour l’Égypte. Même chose pour le vol Los Angeles-Le Caire de 1999 : l’enquête américaine a conclu que le copilote avait repris les commandes en répétant « Je m’en remets à Dieu ». L’Égypte a toujours nié la thèse du suicide.