23 mai 2016

Tout s'explique

Pénurie d’essence dans plusieurs centaines de stations-service

Quelle est la principale cause des pénuries ?

Ce lundi, au moins cinq des huit raffineries françaises sont à l’arrêt ou sur le point de l’être selon la CGT. Avec Force ouvrière, ce syndicat a appelé à une grève dans le secteur pétrolier pour protester contre la loi Travail. Ce mouvement a provoqué des pénuries depuis ce week-end. Celles-ci sont amplifiées par un pic de consommation lié à l’inquiétude des automobilistes. De nombreuses stations-service se retrouvent ainsi à sec en fin de journée. Selon les évaluations, entre 8 % et 15 % des stations sont en rupture de stock sur au moins un type de carburant, principalement dans le Nord et l’Ouest. Certaines appliquent des mesures de rationnement. Plusieurs sites internet ou applications, comme Essence, permettent de connaître en direct la situation des stations.

Comment s’approvisionnent les stations-service ?

La quasi-totalité du pétrole consommé en France est importé. Le pétrole brut arrive dans les ports français où il est conduit vers les raffineries qui le transforment en produit fini. Une partie du pétrole importé est déjà raffiné. Trois ports – Marseille, Le Havre et Saint-Nazaire – assurent 84 % du trafic national, selon l’Union française des industries pétrolières. 6 000 kilomètres d’oléoducs enterrés alimentent en pétrole brut les raffineries situées à l’intérieur des terres et en produit fini les dépôts de carburant. La France compte huit raffineries fournissant 191 dépôts qui livrent à leur tour 11 356 stations-service.

Comment réagissent les pouvoirs publics ?

« Parler de pénurie crée la pénurie », a déclaré aujourd’hui Michel Sapin, le ministre des Finances, sur iTélé. Le gouvernement cherche donc d’abord à rassurer les consommateurs. Le secrétaire d’État aux Transports Alain Vidalies insiste sur la présence de stocks stratégiques permettant à la France d’avoir « de nombreuses semaines de consommation devant elle ». Manuel Valls, en voyage en Israël, a déclaré qu’un « certain nombre de sites et notamment les dépôts » seraient évacués par la force. Plusieurs dépôts, à Dunkerque, Rouen et Lorient, ont ainsi été débloqués pendant le week-end par des CRS ou des gendarmes.