25 mai 2016

Tout s’explique

Accord pour un allégement de la dette grecque

Quels sont les termes de l’accord obtenu ?

L’Eurogroupe (qui réunit les ministres des Finances de la zone euro), le FMI et la Grèce se sont mis d’accord dans la nuit pour éviter une nouvelle crise de la dette grecque. La Grèce recevra 10,3 milliards d’euros à partir de juin et pourra honorer ses prochains remboursements. Le troisième plan d’aide négocié en juillet dernier était à l’arrêt depuis l’automne, les créanciers reprochant à la Grèce de ne pas mettre en œuvre toutes les réformes prévues. Le pays risquait à nouveau un défaut de paiement. Athènes a voté début mai une réforme des retraites et la mise en place d’un fonds chargé de privatiser les actifs grecs. Les créanciers ont considéré que le Premier ministre Alexis Tsipras avait réalisé les économies nécessaires pour débloquer la nouvelle tranche d’aide.

La dette grecque va-t-elle être allégée ?

L’Eurogroupe s’est aussi engagé à alléger la dette publique grecque (180 % de son PIB, contre 95,7 % pour la France). Cet allégement se réalisera en deux temps : premièrement, les taux d’intérêts des différents prêts grecs seront harmonisés dès cette année pour simplifier les remboursements. Ensuite, la dette elle-même ne commencera à être réduite qu’à partir de 2018, si et seulement si la Grèce poursuit ses objectifs de réformes. Son montant pourra être allégé de trois manières : les Européens retrancheraient l’argent gagné sur les obligations grecques en 2014, rachèteraient les prêts (notamment du FMI) jugés trop onéreux et donneraient à la Grèce un délai supplémentaire pour rembourser les sommes dues.

Pourquoi Berlin a-t-il finalement consenti un allégement de la dette ?

L’Allemagne souhaitait absolument que le FMI s’engage dans le troisième plan d’aide. Selon Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, seul le FMI a l’autorité pour imposer des réformes drastiques à la Grèce. Mais le FMI avait exigé que la dette grecque soit allégée, seule condition selon lui pour que le pays soit en mesure de la rembourser. D’ordinaire réfractaire à tout allégement de dette, l’Allemagne a obtenu qu’il n’intervienne pas avant 2018, le temps que la Grèce engage de nouvelles réformes. Le FMI a finalement accepté de participer au plan d’aide, mais a précisé cet après-midi que son assistance financière ne serait pas débloquée avant d’obtenir davantage de détails sur l’allégement.