30 mai 2016

Tout s’explique

L’État prend la main sur le camp de migrants de Grande-Synthe

Quelles sont les conditions de l’accord ?

Le gouvernement a annoncé cet après-midi la signature d’une convention de gestion tripartite du camp de migrants de Grande-Synthe (Nord) avec la mairie écologiste et l’ONG Médecins sans frontières. Ouvert mi-mars pour accueillir les occupants d’un campement sauvage et insalubre situé à proximité, ce centre d’accueil est le premier en France à répondre aux normes du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (sanitaires, chauffage, équipes médicales, etc.). Le gouvernement n’y était pas favorable lors de son ouverture pour des raisons de sécurité et avait laissé la mairie et l’ONG prendre en charge le financement. Il accepte désormais d’octroyer 9,90 euros par migrant et par jour. Le texte prévoit qu’aucun nouveau migrant ne s’installera sans l’accord des trois parties.

Ce camp est-il rempli ?

Le camp est conçu pour accueillir un maximum de 1 500 personnes. Au moins 1 200, essentiellement des Kurdes d’Irak, l’ont intégré le jour de l’ouverture. Ils sont actuellement environ 750. La baisse des effectifs s’explique par les nombreux passages en Grande-Bretagne. Le ministère de l’Intérieur cite également la lutte contre les filières de passeurs et l’accélération des départs vers les Centres d’accueil et d’orientation, une solution que privilégie l’État. Ces structures offrent un hébergement à court terme et donnent la possibilité de déposer une demande d’asile. Elles ont été créées fin 2015 pour diminuer la population des migrants installés dans le Nord-Pas-de-Calais.

L’existence du camp est-elle menacée ?

L’accord tripartite ne prévoit pas de date de disparition du site, mais le texte souligne que chaque cabane vide devra être démontée. Actuellement, 107 sur 380 sont inoccupées. Médecins sans frontières rappelle que le camp a pour but d’accueillir des migrants tant que l’État n’est pas en mesure de leur offrir une solution alternative digne. Le maire Damien Carême a promis à ses habitants que sa commune n’avait pas vocation à accueillir indéfiniment des migrants. Il refuse toutefois de précipiter la fermeture.