15 juin 2016

Tout s’explique

Le gouvernement remet en cause les manifestations

Est-il possible d’interdire les manifestations ?

François Hollande a déclaré ce matin en Conseil des ministres qu’il n’y aurait plus d’autorisation de manifester si la préservation des « biens et des personnes » ne pouvait être « garantie », a rapporté Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement. Le président réagissait aux violences intervenues hier lors de la journée de mobilisation contre le projet de loi Travail. Au moins 42 personnes ont été blessées dans des heurts, dont 29 membres des forces de l’ordre. La liberté de manifester est garantie par la loi, mais une préfecture peut décider d’interdire un rassemblement en particulier s’il constitue une menace à l’ordre public ou si le dispositif policier n’est pas adapté.

À qui va revenir la charge des dégâts ?

D’importants dégâts matériels ont été relevés hier : vitrines fracassées, abris de bus incendiés, voitures abîmées, poubelles en feu, etc. Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains, souhaite que la responsabilité de la CGT « soit engagée ». La CGPME, qui représente les petites et moyennes entreprises a demandé hier au syndicat de verser une compensation financière aux sociétés victimes des manifestations. En pratique, les dégâts engendrés sont à la charge des auteurs. S’ils ne sont pas identifiés, les assurances prennent le relais pour les garanties souscrites dans les contrats. Dernière possibilité : le recours au tribunal administratif pour mettre en cause la responsabilité de l’État. Le processus judiciaire prend alors plusieurs années, sans grand espoir d’obtenir gain de cause.

Que s’est-il passé à l’hôpital Necker ?

L’hôpital Necker de Paris, spécialisé dans le soin des enfants, a été victime d’actes de vandalisme hier en fin de manifestation. Les vitres d’une façade ont été défoncées à la masse par un individu isolé, comme le montre la vidéo d’un journaliste du Monde. Des tags ont ensuite été inscrits. La vidéo montre d’autres projectiles au pied de l’établissement. La direction de l’hôpital a déclaré qu’une quinzaine de baies vitrées ont été cassées. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a annoncé son intention de porter plainte.