27 juin 2016

Tout s'explique

Le « oui » l’emporte pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Comment le département a-t-il voté ?

Les électeurs du département Loire-Atlantique ont voté « oui » à 55,17 % hier, lors de la consultation locale sur la construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce scrutin avait été décidé en février par le gouvernement. Il souhaitait recueillir l’avis de la population locale pour poursuivre ce projet d’aménagement qui rencontre une forte opposition sur place. Les villes où les électeurs ont majoritairement voté contre l’aéroport se situent essentiellement à proximité du site de Notre-Dame-des-Landes. La petite commune (2 138 habitants) a notamment voté contre à 73,57 %. Aucune grande ville ne s’est opposée au projet, mais à Nantes, chef-lieu du département, le « oui » ne l’a emporté que d’une centaine de voix.

L’aéroport sera-t-il construit ?

Le vote n’avait qu’une valeur consultative, mais Manuel Valls a prévenu plusieurs fois que le chantier démarrerait en octobre si le « oui » l’emportait. D’ici là, plusieurs contentieux doivent être réglés. D’autant que François Hollande s’est engagé début 2015 à ne pas lancer le chantier avant l’épuisement de tous les recours. La France doit répondre à la Commission européenne qui l’avait mise en demeure en 2014 à propos d’infractions concernant les normes environnementales. Un arrêté doit également être publié pour autoriser la « destruction du campagnol amphibie », une espèce protégée vivant sur le site. Des associations écologistes ont déjà prévenu qu’elles l’attaqueraient en justice.

Comment les écologistes ont-ils réagi ?

Une grande partie des écologistes opposés à l’aéroport, comme David Cormand, secrétaire national d’EELV, considèrent que le périmètre géographique de la consultation n’était pas assez large. Selon lui, les régions Bretagne et Pays de la Loire auraient dû voter, car elles participent au financement du projet. Le militant écologiste Nicolas Hulot a quant à lui pris « acte de ce vote démocratique » tout en regrettant que les projets alternatifs n’aient pas été étudiés. Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et ex-dirigeante d’EELV, a appelé à la fin des blocages, mais a réaffirmé son opposition personnelle à l’aéroport. L’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport (Acipa) a annoncé qu’elle n’avait aucune intention de quitter les lieux.