27 juin 2016

C’est leur avis

Le paradoxe Podemos

Le Parti populaire espagnol (droite) a remporté les élections législatives hier avec 137 sièges, devant le Parti socialiste (85 sièges). Malgré sa troisième place (71 sièges), Podemos confirme son implantation dans la vie politique espagnole. Isaac Rosa, écrivain et journaliste espagnol, considère dans Le Monde que ce parti a déplacé le mécontentement de la rue aux urnes [€].

« Dans cette Espagne de 2016, la crise sociale est tout aussi aiguë que deux ans plus tôt. Et pourtant, il n’y a quasiment plus de manifestations. Ni de grèves. La plupart des militants et des leaders des mouvements sociaux qui attisaient l’indignation en 2014 sont aujourd’hui députés, conseillers municipaux, conseillers d’élus régionaux. [… ] C’est là que réside le principal paradoxe de Podemos. [… ] Si cette formation politique a contribué à liquider le bipartisme, elle a aussi déplacé les projecteurs de la crise sociale, insupportable, vers la crise politique, plus supportable. » Isaac Rosa