28 juin 2016

Tout s’explique

Le Royaume-Uni face à ses partenaires européens

Comment les Européens s’accordent-ils sur le calendrier ?

Pour la première fois depuis les résultats du référendum britannique, le Premier ministre David Cameron s’est rendu ce matin à Bruxelles pour rencontrer ses homologues européens. Un sommet des chefs d’État s’y tient jusqu’à demain. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker l’a prié de préciser au plus vite ses intentions. Londres doit encore officialiser sa demande de sortie, ce qu’elle n’a pas encore fait. Le Parlement européen lui a demandé de l’activer « immédiatement ». Angela Merkel a quant à elle prévenu que les négociations à venir ne seront pas simples : « Celui qui sort de la famille ne peut pas s’attendre à ce que tous ses devoirs disparaissent et que ses privilèges soient maintenus », a-t-elle déclaré depuis Berlin.

Quelles sont les premières conséquences du Brexit ?

La livre sterling a arrêté de baisser aujourd’hui, après les deux séances de chute depuis l’annonce de la victoire des pro-Brexit vendredi matin. Hier, la monnaie du royaume a dévissé face au dollar pour atteindre son plus bas niveau depuis 1985. Les trois grandes agences de notation américaines ont tour à tour révisé à la baisse la note souveraine du pays, dont Standard & Poor’s hier soir. Cette dernière justifie sa décision par « un contexte politique moins prévisible, moins stable et moins efficace » dans les mois à venir. S&P; anticipe également un « ralentissement significatif » de la croissance.

Comment le camp pro-Brexit assume-t-il sa victoire ?

Le leader du camp pro-Brexit, Boris Johnson, a annoncé hier qu’il ne souhaitait pas que son pays sorte de l’UE dans la précipitation. Il a rappelé « combien le Royaume-Uni fait partie de l’Europe, et en fera toujours partie », tranchant avec son discours anti-UE de la campagne. Plus de quatre jours après les résultats, l’ancien maire de Londres n’a toujours pas expliqué comment il comptait mener la négociation avec les Européens [€]. Plusieurs membres de son camp ont quant à eux fait marche arrière sur des promesses de campagne majeures. C’est le cas des 350 millions de livres, le montant hebdomadaire versé par le Royaume-Uni à l’UE, qu’ils promettaient de reverser dans le système de santé britannique. Nigel Farage, leader du parti europhobe Ukip, a reconnu vendredi que c’était « une erreur ».