4 juillet 2016

Tout s'explique

Les raisons de l’attentat de Bagdad

Les conditions de sécurité étaient-elles défaillantes ?

Au moins 213 personnes sont mortes et environ 200 autres ont été blessées hier matin dans un attentat à la voiture piégée dans un marché de Bagdad revendiqué par le groupe État islamique (EI). En réaction, le Premier ministre Haïder Al-Abadi a annoncé l’accélération de la mise en place d’un nouveau système de sécurité. La capitale irakienne utilise toujours des détecteurs de bombe inefficaces à certains postes de contrôle de véhicules. Ces appareils, qui ne détectent qu’une bombe sur cinq en moyenne, ont été vendus à l’Irak par Jim McCormick, un homme d’affaires britannique, condamné en 2013 à 10 ans de prison pour cette fraude. Le nouveau dispositif intégrera des scanners développés par Rapiscan Systems, une firme californienne reconnue pour sa fiabilité.

Pourquoi Daech a-t-il visé un marché irakien ?

L’attentat-suicide a eu lieu dans un quartier populaire de la communauté chiite. De nombreux habitants s’étaient déplacés pour faire leurs courses avant la célébration de l’Aïd. Cette fête, qui marque la fin du ramadan, aura lieu mercredi en Irak. Les terroristes de l’EI, qui se réclament du sunnisme, ont visé cette communauté, car elle est à leurs yeux constituée d’hérétiques. La rivalité entre chiites et sunnites en Irak a été renforcée après l’intervention américaine en 2003, par la prise du pouvoir des chiites, alors que Saddam Hussein s’appuyait sur la minorité sunnite pour gouverner.

Quelle est la situation de Daech en Irak ?

L’organisation djihadiste a enregistré fin juin la perte de Fallouja, son bastion le plus proche de Bagdad (environ 50 kilomètres). Cette prise est symbolique car c’est la première ville irakienne à être tombée sous l’emprise de Daech en 2014. Pour libérer la ville, l’armée irakienne s’est appuyée sur des milices chiites, accusées d’avoir commis des violences sur des civils sunnites. Le Pentagone a déclaré mi-mai que l’EI avait perdu environ 45 % du territoire qu’il avait réussi à conquérir en Irak. Selon la politologue française et spécialiste du monde arabe Myriam Benraad, interrogée par Le Figaro, la perte de ces territoires a pour conséquence la recrudescence d’actes terroristes.