7 juillet 2016

Tout s’explique

Le plan d’économies de 50 milliards d’euros ne sera pas tenu

Pourquoi le gouvernement n’atteindra-t-il pas son but ?

L’objectif d’économiser 50 milliards d’euros entre 2015 et 2017 sur les dépenses publiques ne sera pas tenu, selon le rapport préparatoire au débat d’orientation des finances publiques organisé aujourd’hui à l’Assemblée. François Hollande avait fait cette promesse début 2014, au lendemain d’un dérapage du déficit public pour lequel la Commission européenne avait menacé de sanctionner la France. Rien que sur le futur budget 2017, le gouvernement prévoit une hausse des crédits ministériels de 5,6 milliards d’euros par rapport au plan initial. Cette augmentation s’ajoute aux économies sur les dépenses publiques plus faibles que prévu l’an dernier : 14,5 milliards d’euros au lieu de 21 milliards, selon la Cour des comptes.

Quelles nouvelles dépenses ont été décidées ?

Le gouvernement a décidé d’engager des dépenses supplémentaires dans plusieurs secteurs prioritaires : sécurité, justice, éducation et emploi. Plus de 2 000 emplois vont être créés dans la police et la gendarmerie, majoritairement pour lutter contre le terrorisme. Les crédits du ministère de la Défense vont augmenter de 600 millions d’euros. Les créations d’emploi dans l’éducation nationale vont se poursuivre pour honorer la promesse de campagne de créer 60 000 postes lors du quinquennat. Enfin, les mesures de soutien à l’emploi vont augmenter de 1,8 milliard d’euros (prime à l’embauche, formation, garantie jeunes).

Comment la France compte-t-elle tenir ses objectifs vis-à-vis de Bruxelles ?

Le gouvernement maintient l’engagement pris auprès de la Commission européenne de ramener en 2017 le déficit public à 2,7 % du PIB. Pour cela, il va compenser la hausse des dépenses par une astuce comptable concernant le pacte de compétitivité. Afin de continuer à alléger les charges des entreprises, le gouvernement a préféré augmenter leur crédit d’impôt (CICE) plutôt que de supprimer des cotisations patronales. Or, un crédit d’impôt est un remboursement versé un an plus tard, ce qui permet de reporter cette charge de quatre milliards d’euros de 2017 à 2018. Ainsi, le gouvernement pourra présenter, en apparence, des comptes en rapport avec ses prévisions.