11 juillet 2016

Tout s'explique

Un site de stockage en profondeur des déchets radioactifs

Qu’est-ce que le projet Cigéo ?

Les députés examinent depuis aujourd’hui une proposition de loi, déjà adoptée par le Sénat, visant à créer un site d’enfouissement en profondeur des déchets radioactifs les plus dangereux produits par l’industrie nucléaire française. Ce centre industriel de stockage géologique (Cigéo) doit les enfermer à 490 mètres de la surface dans le sous-sol du village de Bure dans la Meuse (92 habitants). Il est prévu que le site soit exploité de manière progressive pendant 100 ans avant d’être confiné, tout en laissant la possibilité aux générations futures de les transférer ailleurs.

Que craignent les opposants à ce projet ?

Une vingtaine d’opposants au projet qui occupaient le site pour empêcher le lancement des travaux ont été expulsés jeudi à la demande de l’Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra). Cet établissement public est porteur du projet et propriétaire du terrain. Opposé à l’enfouissement de « déchets qui resteront radioactifs pendant des dizaines de milliers d’années », le réseau Sortir du nucléaire a appelé jeudi à « amplifier la résistance et à les rejoindre massivement sur le terrain », tandis qu’Europe Écologie-Les Verts a dénoncé un projet qui « met en danger la nappe phréatique et les terres en surface, et engage l’humanité ».

Comment les déchets radioactifs sont-ils traités en France ?

Il existe en France deux catégories officielles de déchets radioactifs, selon qu’ils ont une durée de dangerosité prévisible inférieure ou supérieure à 31 ans. Les premiers représentent 90 % du volume des déchets produits et disposent de sites de stockage spécialement aménagés pour les accueillir. Après 31 ans, ils sont ensuite traités comme n’importe quels déchets. Les 10 % restants (majoritairement produits par les centrales nucléaires) ne disposent pas de filière de gestion définitive. Ils sont dès lors entreposés dans des installations conçues à cet effet en attendant une meilleure solution. Ils représentent plus de 99 % de la radioactivité totale des déchets déjà produits.