25 août 2016

Tout s'explique

Accord de paix avec les Farc en Colombie

Que prévoit l’accord entre la Colombie et les Farc ?

Le gouvernement colombien et les rebelles marxistes des Farc, en lutte depuis 1964, ont annoncé hier soir la signature à La Havane (Cuba) d’un accord de paix « final, intégral et définitif ». Il prévoit le désarmement des combattants des Farc. Les deux parties s’étaient déjà mises d’accord en 2015 sur une amnistie pour les auteurs des crimes les moins graves, comme la rébellion ou le port illégal d’armes. En revanche, les crimes de guerre, les déplacements forcés et les actes de torture seront jugés. L’accord prévoit également la participation des guérilleros démobilisés à la vie politique. Un accord décisif de cessez-le-feu avait été signé en juin, prélude à cet accord de paix définitif.

Qui sont les Farc ?

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie sont nées dans les années 1960 en fédérant des guérillas communistes paysannes réclamant des réformes agraires. Incarnant la défense des paysans pauvres contre les grands propriétaires, les Farc recrutent largement dans les campagnes où elles représentent un moyen de fuir la misère. Elles s’en prennent aux symboles du pouvoir central, comme les postes de police, et aux infrastructures de transport et d’énergie. Leur financement provient du trafic de cocaïne et d’enlèvements contre rançons. La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, candidate à la présidentielle, est ainsi détenue pendant six ans avant sa libération en 2008. Le mouvement était en perte de vitesse ces dernières années. Le nombre de combattants, estimé à 17 000 à la fin des années 1990, avait chuté à environ 8 000.

Quelle est la suite du processus ?

Pour être appliqué, l’accord de paix doit être approuvé par les Colombiens lors d’un référendum prévu le 2 octobre. La population est divisée à ce sujet. Les habitants des zones urbaines ont été moins affectés par le conflit que ceux des zones rurales. L’ex-président Alvaro Uribe (2002-2010) critique l’impunité dont bénéficieront de nombreux guérilleros. Le président Juan Manuel Santos a appelé les Colombiens à se mobiliser pour le vote « le plus important » de leur vie. Le plan de paix ne réglera pas tout : la guérilla laisse derrière elle des pans entiers du territoire truffés de mines antipersonnel. Un autre mouvement de guérilla actif, l’Armée de libération nationale, créé à la même époque que les Farc, n’a pas renoncé à la lutte armée.