29 août 2016

Tout s'explique

Le gouvernement lance sa réforme de l’islam de France

Comment l’islam était-il organisé jusqu’à présent ?

Bernard Cazeneuve a réuni aujourd’hui les représentants du culte musulman pour une « journée de consultation sur l’islam de France ». Le ministre de l’Intérieur a donné des détails sur la future fondation dont François Hollande a promis début août le lancement cet automne. Cette structure fonctionnera parallèlement au Conseil français du culte musulman (CFCM) qui représente les musulmans depuis 2003 et reprendra une partie de ses prérogatives en matière de formation des imams. Créé à la demande du ministère de l’Intérieur, le CFCM restera chargé de dialoguer avec le pouvoir politique et de superviser la certification des aliments halal. Le financement du culte (construction des mosquées, salaire des imams) est assumé par les fidèles via des collectes ou en faisant appel à des mécènes étrangers.

À quoi la Fondation pour l’islam de France va-t-elle servir ?

Bernard Cazeneuve a présenté les contours de la Fondation pour l’islam de France, dont la mission sera de soutenir des projets dans les domaines de l’éducation, de la culture et de l’engagement des jeunes. Elle prendra également en charge la formation profane des imams (thèses de recherche sur l’islam, bourses d’études, etc.) et le développement de la recherche en islamologie. Il s’agira de « réussir la construction d’un islam de France dans le respect des valeurs de la République », a expliqué aujourd’hui le ministre dans La Croix. La fondation sera financée par des entreprises et des particuliers, mais bénéficiera, au moins lors de son démarrage, de fonds publics. L’ancien ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement en prendra la présidence.

Comment le financement des mosquées et la formation des imams seront-ils encadrés ?

Une association entièrement dirigée par des représentants musulmans sera parallèlement créée. L’État n’en fera pas partie, en vertu de la loi de 1905 qui lui interdit de financer des cultes. L’association aura la tâche de centraliser les sommes versées par des organismes ou des particuliers pour la construction de mosquées et la formation théologique des imams. Le gouvernement espère ainsi réduire la dépendance à des financements de pays tels que l’Algérie ou l’Arabie saoudite, même s’il estime qu’ils sont minoritaires. L’association ne sera pas autorisée à recevoir des financements étrangers, mais ceux-ci resteront possibles en dehors du circuit de l’association. Bernard Cazeneuve souhaite également mettre en place une « contribution volontaire » sur la filière halal afin d’assurer une source de financement durable.