31 août 2016

Tout s’explique

L’inertie de l’après-COP21

Où en est-on du processus de ratification ?

Neuf mois après l’accord mondial sur le climat, seuls 25 États ont ratifié le texte. 175 pays s’étaient engagés à limiter le réchauffement de la Terre à deux degrés au maximum d’ici 2100 par rapport à 1880. Parmi les pays les plus prompts à réagir figurent les petits États insulaires, des territoires particulièrement menacés. La France et la Hongrie ont ratifié le texte, mais elles doivent attendre que les autres États membres de l’UE fassent de même pour que leur démarche soit validée. Concernant les deux plus gros pollueurs de la planète, les États-Unis et la Chine, la presse chinoise assure qu’une annonce commune interviendra vendredi. Il faut au moins 55 États, représentant plus de 55 % des émissions de gaz à effet de serre, pour que l’accord entre en vigueur.

Pourquoi Laurent Fabius s’alarme-t-il ?

L’ancien président de la COP21, aujourd’hui à la tête du Conseil constitutionnel, a publié hier une tribune dans Le Monde. Laurent Fabius rappelle que les prévisions faites en 2014 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) se confirment (réchauffement de l’atmosphère, montée et acidification des océans, etc.). Il appelle à la ratification rapide de l’accord de la part des plus gros émetteurs. Laurent Fabius propose également de regrouper dans un traité à caractère obligatoire tous les principes qui font consensus, comme le « droit à un environnement sain », et de permettre aux citoyens de demander des comptes aux États ne le respectant pas.

La France est-elle irréprochable ?

L’Autorité environnementale, une agence de l’État chargée d’évaluer les conséquences environnementales de l’action du gouvernement, a critiqué mercredi dernier son projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie. Ce document institué par la loi sur la transition énergétique établit les moyens d’action pour atteindre les objectifs en matière environnementale sur plusieurs années. L’Autorité le juge insuffisamment détaillé et estime irréalistes les prévisions de baisse de la consommation d’énergie en cas de redémarrage de la croissance.