7 septembre 2016

Tout s'explique

Polémique sur la mixité sociale au collège

Quelles sont les causes du recul de la mixité sociale ?

Dans une tribune publiée sur son blog et reprise hier dans Le Monde, l’économiste Thomas Piketty dénonce « la ségrégation sociale dans les collèges » en France qui atteint « des sommets inacceptables ». En prenant le cas de Paris, il remarque que les élèves les plus défavorisés se concentrent dans les mêmes établissements, tandis que certains collèges huppés n’en accueillent quasiment aucun. Il souligne également le rôle joué par le privé. Outre la barrière financière qu’ils imposent à l’entrée, ces établissements ont le droit de choisir les élèves qu’ils acceptent et ceux qu’ils refusent.

Quelles sont les évolutions suggérées par Thomas Piketty ?

L’économiste propose d’imposer au privé et au public une procédure commune d’affectation des élèves. Ce système ferait en sorte que tous les établissements comptent entre 10 % et 20 % d’élèves défavorisés. Thomas Piketty propose aussi de s’inspirer du système d’affectation des lycées publics. Depuis 2007 les affectations d’élèves de troisième prennent en compte les notes et les vœux, mais aussi les revenus des parents. Plus largement, Thomas Piketty réclame un débat public à l’occasion de la campagne de la présidentielle pour mettre fin à l’opacité qui caractérise les procédures d’affectation des élèves, du collège à l’admission post-bac.

Quelle est la politique du gouvernement ?

La ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a répondu aujourd’hui dans Le Monde à l’économiste. Sans remettre en cause le constat et les chiffres avancés par Thomas Piketty, elle met l’accent sur les moyens supplémentaires alloués en 2014 aux établissements situés dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP). Le sujet reste sensible pour la gauche qui avait tenté de rapprocher école privée et école publique au début du premier septennat de François Mitterrand. Les manifestations des enseignants et parents d’élèves avaient fini par convaincre ce dernier d’y renoncer en 1984.