8 septembre 2016

Tout s'explique

Hollande en défenseur de l’État de droit

Quel était l’objectif de son discours ?

François Hollande a prononcé ce matin un discours sur le thème de la « démocratie face au terrorisme » dans lequel il s’est posé en garant d’un État de droit malgré les attentats. Il a critiqué les propositions de la droite en matière de lutte contre le terrorisme. Le chef de l’État a souligné que « les principes constitutionnels ne sont pas des arguties juridiques ». Il répondait ainsi directement à Nicolas Sarkozy qui avait déclaré le 26 juillet, peu après l’attentat à Saint-Étienne-du-Rouvray : « Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles. » Le candidat à la primaire de la droite Alain Juppé a rapidement réagi : « Quand on est en train de se noyer, on se raccroche à n’importe quelle bouée. La dernière bouée consiste à dénaturer les propositions de l’opposition et à s’attaquer à ses adversaires. »

Quelle vision de la laïcité a-t-il défendue ?

François Hollande a expliqué que la laïcité n’est pas « une religion d’État contre les religions » et qu’elle implique de la part de la sphère publique un principe de neutralité. Il a également souligné que la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État ne méritait pas d’être adaptée à chaque situation, faisant référence aux propositions de plusieurs responsables de l’opposition de faire interdire le port du burkini sur les plages. Le président s’est déclaré contre toute « législation de circonstance, aussi inapplicable qu’inconstitutionnelle ».

Que propose-t-il sur le cumul des mandats ?

Cherchant à montrer comment la démocratie peut répondre au terrorisme, le président a avancé une seule mesure concrète. Il s’est prononcé en faveur d’une limitation du cumul des mandats dans le temps, ce qui revient à déterminer un nombre maximal de fois où une personne peut être élue à un même poste. Il a critiqué les propositions de plusieurs candidats de droite qui ont annoncé vouloir revenir sur la première loi sur le cumul des mandats, votée en 2014 et applicable à l’été 2017. Il est prévu que les parlementaires ne soient plus autorisés à conserver la fonction de chef ou d’adjoint d’un exécutif local. Nicolas Sarkozy a expliqué en juin vouloir organiser un référendum pour la faire annuler.