13 septembre 2016

Tout s'explique

L’État promet de sauver l’usine d’Alstom à Belfort

Pourquoi le sauvetage d’Alstom revêt-il un caractère symbolique ?

François Hollande et Manuel Valls ont tous les deux déclaré ce matin que l’usine d’Alstom à Belfort ne serait pas fermée. La semaine dernière, le constructeur du TGV avait annoncé son intention de transférer sa production sur un autre site d’ici 2018, faute de commandes suffisantes. Alstom ne prévoit aucun licenciement : les 400 salariés de Belfort se verront proposer des postes dans d’autres usines françaises du groupe. Fleuron industriel français, l’entreprise est installée depuis 1879 à Belfort, où elle a produit sa première locomotive à vapeur en 1880, avant de se développer également dans l’énergie. Elle a cédé cette activité à l’américain General Electric fin 2015. Elle se concentre désormais sur la fabrication des trains, tramways et métros.

Pourquoi le site de Belfort est-il en difficulté ?

Dans le secteur ferroviaire, les trains sont généralement produits près de l’endroit où ils seront vendus. Or, « aucune locomotive n’a été commandée depuis plus de 10 ans à Alstom en France », a expliqué le PDG Henri Poupart-Lafarge, dans un communiqué interne diffusé aujourd’hui. En revanche, le groupe Alstom en lui-même n’est pas inquiété : des appels d’offres ont été remportés récemment en Afrique du Sud, en Allemagne, au Brésil, en Italie et au Moyen-Orient. Fin août, Alstom a signé un contrat de deux milliards d’euros pour vendre ses TGV aux États-Unis. Généralement, seules les motrices sont produites en France et les wagons le sont via des coentreprises ou des sous-traitants étrangers.

Comment le gouvernement compte-t-il venir en aide à Alstom ?

Le secrétaire d’État aux Transports Alain Vidalies a développé ce matin plusieurs propositions du gouvernement. Trois pistes sont déjà en négociations pour relancer l’activité d’Alstom en France. Un contrat est à l’étude avec la SNCF (entreprise publique) pour un train assurant la liaison Paris-Turin-Milan. Un deuxième avec la RATP (publique) pour « des petites machines, des locomotives, pour faire des travaux ». Enfin, Alain Vidalies a évoqué une commande par l’État de 30 rames pour des trains régionaux et Intercités. Il a également cité deux dossiers moins avancés : un appel d’offres à 3,5 milliards d’euros lancé par le Syndicat des transports d’Île-de-France et un autre à un milliard d’euros pour des trains circulant dans des zones non reliées par les TGV.