15 septembre 2016

Tout s'explique

Londres approuve le projet de réacteur nucléaire d’EDF

Que représente ce programme pour EDF ?

Le gouvernement britannique a donné ce matin à EDF l’autorisation de construire deux réacteurs nucléaires de type EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre. Ils seront installés dans la centrale d’Hinkley Point, en service depuis 1976. EDF prévoit que le site fournira au Royaume-Uni 7 % de son électricité à partir de 2025 et estime le coût du projet à 21 milliards d’euros. Maître d’œuvre, l’électricien français en financera les deux tiers et l’entreprise étatique chinoise CGN, le tiers restant. L’accord entre le gouvernement britannique et EDF garantit à ce dernier un prix de 92,5 livres (un peu plus de 108 euros) par mégawattheure pendant 35 ans pour l’électricité produite sur place, un tarif jugé trop élevé par les détracteurs du projet dans le pays. EDF devra rester actionnaire pendant toute la durée de la construction et ne pourra donc pas se retirer du chantier si celui-ci rencontre des difficultés.

Quelles sont les critiques que soulève le projet ?

Le projet Hinkley Point n’est pas unanimement soutenu chez EDF. Son conseil d’administration a voté in extremis fin juillet en faveur de cet investissement, mais en essuyant le refus des administrateurs représentant le personnel. Un des membres du conseil d’administration a démissionné en juillet, en critiquant la focalisation du groupe sur le nucléaire. EDF a également perdu son directeur financier en mai, ce dernier estimant que le projet Hinkley Point risquait de précipiter l’entreprise vers la faillite en cas de retard du chantier. Il jugeait que le refus du gouvernement britannique de s’engager financièrement et le retrait d’Areva du projet faisaient peser une charge trop lourde sur EDF.

Où en est la technologie EPR ?

Actuellement, quatre réacteurs EPR sont en construction, le premier à Flamanville (Manche), le deuxième à Olkiluoto (Finlande) et les autres à Taishan en Chine. Ces réacteurs nucléaires de troisième génération sont présentés comme plus puissants, mais sont marqués par des surcoûts et des retards importants (au moins neuf ans en Finlande). Aucun n’est actuellement en service. La demande mondiale pour le nucléaire s’est parallèlement tarie après la catastrophe de Fukushima. La commande britannique est la première enregistrée par EDF depuis 2011.