16 septembre 2016

Tout s'explique

Le climatoscepticisme s’invite dans la campagne

Nicolas Sarkozy peut-il être qualifié de climatosceptique ?

Nicolas Sarkozy a minoré mercredi l’influence de l’homme sur le réchauffement climatique. Le candidat à la primaire de la droite a déclaré : « On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant, mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement. » Il s’exprimait à l’Institut de l’entreprise, un think tank réunissant les grands groupes français. Si les propos de l’ancien président ne permettent pas de le qualifier de climatosceptique (refus de la thèse selon laquelle l’homme est le principal responsable du réchauffement), il s’agit d’un revirement pour celui qui avait organisé en 2007 le Grenelle de l’environnement, une série de rencontres destinées à développer une politique écologique.

De quelles données scientifiques certaines dispose-t-on ?

Une chose est certaine : la Terre chauffe. L’Agence américaine océanique et atmosphérique a annoncé que le mois de juillet 2016 avait été le mois le plus chaud depuis 1880. Depuis sa création, la Terre a alterné des périodes de glaciation avec des périodes de réchauffement. Ce qui est inédit, c’est qu’on observe depuis près de 140 ans une augmentation de la température qui prenait auparavant des milliers d’années pour se réaliser. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, un organisme scientifique indépendant, ce sont les gaz à effet de serre produits par l’activité humaine qui expliquent la quasi-totalité du réchauffement en cours. Un constat tiré de leur forte concentration dans l’atmosphère. 80 % des émissions de CO2 viennent de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz).

Quelles sont les voix les plus connues du climatoscepticisme ?

Le principal représentant français a longtemps été l’ancien ministre socialiste Claude Allègre, à qui ses adversaires reprochaient une trop grande vulgarisation scientifique (il jugeait impossible d’anticiper l’évolution du climat au même titre qu’on ne peut prédire la météo à long terme). Les climatosceptiques sont aujourd’hui en retrait en France. Ils sont en revanche beaucoup moins discrets aux États-Unis, notamment sur le plan politique (même si Barack Obama a incarné un changement de ligne par rapport à son prédécesseur George W. Bush). Le candidat républicain Donald Trump se distingue régulièrement en déclarant que le réchauffement climatique est un mensonge destiné à prélever des taxes sur les entreprises américaines.