20 septembre 2016

Tout s’explique

Nouvelles propositions pour l’abattage des animaux

Quelles sont les préconisations des parlementaires ?

Une commission d’enquête parlementaire a rendu ce matin ses conclusions pour améliorer l’abattage des animaux de boucherie. Elle avait été lancée au printemps après la diffusion de vidéos choquantes tournées dans des abattoirs par l’association L214, qui milite pour le bien-être animal. Les parlementaires proposent notamment l’installation de caméras dans les pièces où transitent les animaux. Ils suggèrent aussi de rendre obligatoire dans les abattoirs de plus de 50 salariés la présence d’un agent des services vétérinaires aux postes d’étourdissement et de mise à mort. Cette mesure supposerait d’augmenter le recrutement de fonctionnaires dédiés à cette tâche au sein du ministère de l’Agriculture.

Que recommandent-ils pour l’abattage rituel ?

La commission d’enquête encourage la pratique d’un étourdissement préalable à l’égorgement compatible avec les méthodes d’abattage rituel des cultes juif et musulman. Cet étourdissement provoque souvent le décès de l’animal, or ces religions interdisent l’égorgement d’animaux déjà morts. Les parlementaires proposent de recourir à la technique dite d’« étourdissement réversible » : elle consiste à envoyer une décharge électrique à un animal pour qu’il perde toute sensibilité à la douleur et aux contractions pendant deux minutes. Le recteur de la Grande Mosquée de Paris s’était montré ouvert à cette technique lors de son audition par les députés. Le grand rabbin de France l’avait quant à lui écartée, tout en se disant prêt à examiner toute nouvelle méthode qui respecterait à la fois les rites religieux et les contraintes réglementaires.

Quelles solutions alternatives ont cours en Europe ?

Les parlementaires recommandent de tester la solution des abattoirs mobiles, dont le principe est la mise à mort de l’animal sur le lieu où il a été élevé. Cette pratique est expérimentée en Suède par une entreprise locale depuis 2015. Interrogé par Le Monde, un éleveur y voit une méthode « plus humaine » : il reste en permanence avec l’animal afin de lui éviter toute situation stressante. Selon lui, c’est surtout le transport de l’élevage vers l’abattoir qui contribue à angoisser les bêtes. Parfois, certaines peuvent parcourir des centaines de kilomètres avant d’arriver à destination. Ici, elles n’ont qu’à monter dans un camion où elles sont tuées instantanément. L’entreprise peut abattre jusqu’à 55 bovins par jour.