26 septembre 2016

Tout s’explique

La Russie accusée de « barbarie » à Alep

Quelle est la situation à Alep ?

Les pays occidentaux ont mis Moscou en accusation hier au Conseil de sécurité de l’ONU, réuni à l’initiative de la France, des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Alep continue d’être bombardé par l’aviation russe et celle du régime de son allié Bachar el-Assad. Cette offensive qui a lieu depuis vendredi a pour objectif de faire tomber les quartiers insurgés de la deuxième ville du pays, l’un des derniers bastions des forces rebelles opposées au président syrien depuis 2011. Au moins 124 personnes sont mortes depuis vendredi, selon un bilan annoncé hier par l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une ONG associée à l’opposition. 250 000 personnes sont actuellement encerclées par les deux armées et ne reçoivent plus d’aide extérieure.

Quelles sont les accusations contre la Russie ?

L’ambassadrice américaine à l’ONU a déclaré hier que « ce que la Russie soutient et fait, ce n’est pas de la lutte antiterroriste, c’est de la barbarie ». Derrière son objectif affiché de combattre les groupes djihadistes, l’armée russe est accusée de s’en prendre à tous les adversaires de Bachar el-Assad, rebelles modérés compris. L’ambassadrice a également affirmé que Moscou « abuse du privilège historique » d’être membre permanent du Conseil de sécurité avec droit de veto. La Russie a refusé à trois reprises des résolutions visant à condamner le régime syrien depuis 2011. Un porte-parole du Kremlin a répondu ce matin que la séparation entre « la soi-disant opposition modérée et les terroristes » n’était pas pertinente à Alep et que le cessez-le-feu permettait aux « terroristes » de se renforcer.

Comment évolue la situation dans le reste du pays ?

Le cessez-le-feu décidé le 10 septembre entre la Russie et les États-Unis s’est achevé le 19 septembre après le bombardement d’un convoi humanitaire du Croissant-Rouge. Les affrontements continuent dans plusieurs zones contrôlées par les rebelles dans les provinces de Hama et Homs, ainsi qu’à l’est de Damas. Au sud, des violences ont touché la ville d’Inkhel : 12 personnes, dont un membre important du gouvernement d’opposition, ont été tuées jeudi dans un attentat à la voiture piégée. Ce gouvernement provisoire, formé en novembre 2013, gère certains territoires tenus par les rebelles. Au nord du pays, le groupe État islamique a perdu début septembre ses dernières positions à la frontière turque, reprises par des rebelles appuyés par l’armée turque.