30 septembre 2016

Tout s’explique

Fin de mission pour la sonde Rosetta

Pourquoi la sonde Rosetta s’est-elle écrasée sur la comète « Tchouri » ?

La sonde Rosetta de l’Agence spatiale européenne (ESA) a été précipitée aujourd’hui sur la comète « Tchouri ». L’impact, intervenu vers 12h40, n’a été connu qu’à 13h19, le signal radio mettant quarante minutes pour parcourir les 700 millions de kilomètres séparant la Terre de la comète. La sonde de trois tonnes, dont l’arrêt était initialement prévu fin 2015, n’était plus en mesure de recharger ses panneaux solaires, la comète s’éloignant du Soleil. C’est pourquoi les chercheurs de l’ESA ont décidé cette ultime opération dans le but de recueillir des données sur les gaz émis à la surface. Il a fallu à la sonde une douzaine d’heures pour parcourir ses 19 derniers kilomètres en raison de la faible gravité de la comète.

Quel est le bilan de la mission ?

La sonde Rosetta a été lancée en 2004 par une fusée Ariane pour explorer la comète « Tchouri » (4 kilomètres de large). « Formées de substances poussiéreuses et glaciales issues de la genèse des planètes », les comètes « contiennent les échantillons les plus anciens et les mieux préservés datant de la naissance de notre système solaire » et permettent ainsi de mieux comprendre sa formation, explique le site de l’ESA. Rosetta a tourné autour de la comète « Tchouri » pendant plus de deux ans. En novembre 2014, elle a largué le robot Philae sur sa surface. Les deux engins ont pris quantité de photos, réalisé des prélèvements (grains de poussière, gaz atmosphérique, etc.) et les ont analysés grâce à leurs instruments. L’exploitation de toutes les données prendra « des décennies », estime l’ESA.

Comment en a profité l’Agence spatiale européenne ?

L’Agence spatiale européenne, qui coordonne les projets spatiaux menés en commun par une vingtaine de pays européens, a profité de l’opération pour se faire une place à côté de la Nasa, son homologue américaine. Cette dernière avait très tôt adopté les outils numériques pour valoriser ses missions. L’ESA a cherché à donner une personnalité à ses engins, en leur ouvrant par exemple des comptes Twitter qui comptent aujourd’hui chacun environ 450 000 abonnés. Plusieurs vidéos sur son site YouTube font de Rosetta et Philae des personnages de dessin animé, dont la dernière mission est saluée par ces mots : « Et c’est ainsi que se termine l’incroyable aventure de Rosetta et Philae, nos deux explorateurs de comètes. Adieu, chers amis ! »