10 octobre 2016

Tout s'explique

Les islamistes du PJD vainqueurs au Maroc

En quoi le PJD est-il islamiste ?

Le Parti justice et développement (PJD), déjà à la tête d’une coalition gouvernementale au Maroc, a obtenu samedi 125 sièges aux élections législatives (sur 395). Il devance les libéraux du Parti authenticité et modernité (PAM) qui en remportent 102. Le PJD se présente comme une formation anticorruption tout en revendiquant une inspiration religieuse. Il est à l’origine de l’augmentation des taxes sur l’alcool en 2013 ou de l’interdiction du film marocain « Much Loved » en 2015 pour « outrage aux valeurs morales ». Le PJD est arrivé au pouvoir en novembre 2011, après une réforme constitutionnelle votée en juillet de cette même année réduisant les pouvoirs du roi.

Pourquoi est-il obligé de former une coalition ?

Il est quasiment impossible pour un parti d’obtenir la majorité absolue : le mode de scrutin en place depuis 2002 se déroule en un tour à la proportionnelle. 90 sièges sont réservés à des listes de femmes et de jeunes de moins de 40 ans. Le PJD va donc chercher à former un nouveau gouvernement de coalition. Deux pistes s’offrent à lui : tenter de se réconcilier avec les conservateurs du parti Istiqlal qui avaient quitté gouvernement en 2013 ou s’allier avec les sociaux libéraux du Rassemblement national des indépendants, parti membre de l’actuel gouvernement. Le PAM a quant à lui exclu de faire alliance avec le PJD.

Quelles sont les prérogatives du gouvernement ?

Les pouvoirs du gouvernement sont limités, dans un pays où le roi conserve de larges prérogatives et décide des questions à long terme, comme la sécurité, la politique étrangère ou la religion. Le roi choisit un Premier ministre issu des rangs du parti vainqueur des élections. En revanche, il ne peut pas le renvoyer, à moins de dissoudre le Parlement. La Constitution de 2011 prévoit que le Premier ministre préside le Conseil de gouvernement qui délibère de la politique générale du pays sans la présence du roi, mais ce dernier valide les grands projets de loi.