13 octobre 2016

Tout s'explique

L’Écosse veut un nouveau référendum sur son indépendance

Pourquoi l’Écosse veut-elle organiser un nouveau référendum ?

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a annoncé aujourd’hui son intention de présenter la semaine prochaine un projet de loi pour un nouveau référendum portant sur le maintien de son pays dans le Royaume-Uni. Elle s’exprimait lors du congrès de son parti, le SNP (nationaliste). Nicola Sturgeon s’est dite « déterminée » à ce que l’Écosse « puisse reconsidérer la question de son indépendance et ce avant que le Royaume-Uni ne quitte l’Union européenne ». Les électeurs écossais s’étaient déjà exprimés sur la question du maintien dans le Royaume-Uni en 2014 (victoire du « oui » à 55 %). Or, les Écossais ont démontré lors du référendum sur le Brexit qu’ils étaient 62 % à souhaiter rester dans l’UE.

Le Royaume-Uni peut-il le refuser ?

Même si l’Écosse en fait la demande, Londres n’a aucune obligation constitutionnelle de l’autoriser. L’organisation du référendum de 2014 avait été acceptée par l’ancien Premier ministre David Cameron comme une réponse aux précédentes élections locales, à chaque fois remportées par les nationalistes. La nouvelle Première ministre Theresa May ne s’est guère montrée favorable à un nouveau scrutin, considérant que les Écossais s’étaient déjà exprimés sur la question. Dès son entrée en fonction, en juillet, elle s’était rendue en Écosse pour défendre l’unité du Royaume-Uni.

Y a-t-il un précédent dans l’UE ?

Le cas inverse s’est produit en 1985, lorsque le Groenland a obtenu l’autorisation de quitter l’Union européenne tout en continuant d’appartenir au royaume du Danemark (entré dans l’UE en 1973). Le territoire autonome du Groenland s’était vu accorder l’organisation d’un référendum local sur son maintien dans l’Union à la suite de querelles à propos des zones de pêche. La Catalogne espère quant à elle faire sécession de l’Espagne en organisant un référendum local d’ici septembre 2017. Le gouvernement espagnol a annoncé qu’il jugerait illégal ce scrutin, peu importe son résultat. La Constitution prévoit que seul un vote au parlement national ou un référendum dans toute l’Espagne peut autoriser une région à faire sécession.