14 octobre 2016

Tout s'explique

Israël rompt ses liens avec l’Unesco

Qu’est-ce qu’Israël reproche à l’Unesco ?

Le gouvernement israélien a annoncé aujourd’hui qu’il suspendait sa coopération avec l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). En cause : le vote hier en commission de deux résolutions sur la « Palestine occupée ». Elles visent notamment « à sauvegarder le patrimoine culturel palestinien et le caractère distinctif de Jérusalem-Est ». Le terme d’occupation est contesté par Israël. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou regrette également que seuls les termes arabes décrivant les lieux aient été retenus dans le texte. L’absence de la dénomination « mont du Temple » (l’appellation israélienne de ce que les Palestiniens nomment « esplanade des Mosquées ») démontre, selon lui, un rejet du lien historique qu’entretient Israël avec le lieu.

Pourquoi le statut de Jérusalem-Est alimente-t-il les tensions ?

Jérusalem-Est est la partie de la ville de Jérusalem que l’armée israélienne a conquise lors de la guerre des Six Jours en 1967. Une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en 1968 conteste cette acquisition. Jérusalem-Est inclut la vieille ville qui abrite des lieux saints pour le christianisme (le Saint-Sépulcre), l’islam (l’esplanade des Mosquées où se trouve la mosquée al-Aqsa) et le judaïsme (le mont du Temple et le mur des Lamentations). L’esplanade est administrée par une fondation contrôlée par la Jordanie. Le gouvernement israélien en contrôle néanmoins les accès. Au second semestre 2015, après une série d’émeutes, il en a plusieurs fois interdit l’accès aux musulmans les plus jeunes par crainte d’affrontements.

Quelle est la position du gouvernement français ?

La résolution critiquée par Israël a été adoptée par 24 voix pour, six contre et 26 abstentions, dont celle de la France. Les représentants français n’ont toutefois pas toujours défendu cette position neutre : une autre résolution adoptée mi-avril, cette fois-ci votée par la France, avait qualifié Israël de « puissance occupante ». Cette décision avait été critiquée par le Conseil représentatif des institutions juives de France et par Benjamin Netanyahou. En mai, François Hollande avait jugé « fâcheux » le vote du représentant français. Manuel Valls avait quant à lui regretté les « formulations malheureuses » du texte.