19 octobre 2016

Tout s'explique

Les Européens et les Russes visent Mars

Quel est l’objectif de la mission ExoMars ?

Des scientifiques européens et russes ont envoyé cet après-midi un module (nommé Schiaparelli) se poser sur Mars, une opération dont le succès ou l’échec sera annoncé dans la soirée. Il s’agit de la première étape de la mission ExoMars, qui vise à déceler des traces de vie, menée conjointement par l’Agence spatiale européenne et Roscosmos, l’agence spatiale russe. Pour réussir à se poser, le module de 2,40 mètres de diamètre devait résister à l’échauffement né du contact avec l’atmosphère et réduire sa vitesse de 21 000 km/h à 10 km/h grâce à un parachute géant et des rétrofusées. Le but de l’opération est de tester les techniques d’atterrissage devant permettre en 2020 de poser un robot monté sur six roues et doté d’une foreuse capable de creuser jusqu’à deux mètres de profondeur.

Quelles ont été les précédentes tentatives pour se poser sur Mars ?

C’est la deuxième fois que l’Europe se lance à la conquête de Mars. En 2003, un module (Beagle 2) avait pu se poser, mais avait été endommagé et n’avait pu fonctionner. L’Union soviétique a effectué les premières tentatives d’approche de la planète au début des années 1960, mais ce sont les États-Unis qui, les premiers, l’ont survolée en 1964 (en ramenant des images rapprochées), ont posé un module en 1976 et un robot en 1997. À l’heure actuelle, deux robots américains fonctionnent à la surface de Mars : Opportunity, lancé en 2004, et Curiosity, en 2012. Le premier est alimenté par des panneaux solaires, le second par un générateur. Ce n’est pas le cas de Schiaparelli, qui ne fonctionnera que quelques jours, le temps d’effectuer certains relevés, mais dont la mission principale est de réussir à se poser.

Quels sont les projets relatifs à cette planète ?

En 2020, la Chine et les États-Unis ont eux aussi prévu de poser de nouveaux robots. Le président américain Barack Obama a confirmé la semaine dernière sa volonté de voir l’Amérique « envoyer des humains sur Mars dans la décennie 2030 et les faire revenir sur Terre en sécurité », en étroite collaboration avec le secteur privé. Parmi les entreprises, la plus ambitieuse est SpaceX. Son fondateur Elon Musk a présenté fin septembre un plan pour établir une « ville » sur Mars, en envoyant des humains à bord de vaisseaux équipés de cabines, au prix de 100 000 dollars par personne. SpaceX prévoit de lancer une capsule sans équipage en 2018 et une première mission habitée en 2024 arrivant l’année d’après. « Je pense que les premiers voyages jusqu’à Mars seront très, très dangereux », a prévenu Elon Musk.