20 octobre 2016

Tout s’explique

Le Sénat propose d’expérimenter le revenu universel

Qu’est-ce que le revenu universel ?

Le Sénat a publié hier un rapport sur le revenu universel dans lequel il suggère de le tester afin de vérifier son efficacité. Tel que les sénateurs le définissent, le revenu universel (ou revenu de base) est une allocation versée à chaque citoyen jusqu’à sa mort, sans distinction entre riches et pauvres, travaillant ou non, célibataires ou non, etc. Il est inconditionnel : nul besoin, en retour, de s’engager à chercher un emploi ou à s’insérer. Il ne crée aucune obligation quant à l’occupation de son temps. Le revenu universel se substitue alors à tous les autres minima sociaux (RSA, minimum vieillesse, etc.). Un tel outil, expliquent les sénateurs, pourrait améliorer la protection sociale en France : en dépit des 690 milliards d’euros que le pays y consacre (un tiers du PIB), le taux de pauvreté est de 14,1 % selon l’Insee.

Que préconise le Sénat ?

Le Sénat propose de verser 500 euros pendant trois ans à des personnes âgées de 18 à 65 ans. L’échantillon devra être d’au moins 20 000 à 30 000 individus pour être représentatif. Le rapport préconise d’expérimenter l’allocation sous trois formes : un premier groupe en bénéficierait sans contrepartie, un deuxième ne pourrait l’utiliser que pour des dépenses précises (courses alimentaires, formations, etc.) et un troisième devrait en contrepartie accomplir des actions de recherche d’emploi ou de formation (aucune obligation pour ceux qui ont un emploi).

Quels candidats à la présidentielle y sont favorables ?

Le revenu universel est dans le programme de plusieurs candidats à l’élection présidentielle, mais chacun dispose de sa propre interprétation [€]. La députée Les Républicains Nathalie Kosciusko-Morizet propose que tous les Français touchent 470 euros, mais que leurs autres revenus soient tous imposés à 20 %. Le président du Parti chrétien-démocrate Jean-Frédéric Poisson souhaite un revenu de base qui remplace les allocations sociales et familiales, tandis que Frédéric Lefebvre (non qualifié pour la primaire de la droite) suggérait de créer un revenu universel de 800 euros (500 euros jusqu’à 18 ans) se substituant à toutes les aides. À gauche, Benoît Hamon plaide pour un revenu universel d’un montant de 750 euros versé à toute personne majeure.