24 octobre 2016

Tout s'explique

L’évacuation du camp de migrants de Calais

Comment l’opération se déroule-t-elle ?

Les forces de l’ordre ont commencé à évacuer ce matin les 6 400 migrants installés dans le camp de Calais appelé la « jungle ». À la mi-journée, plus de 1 000 départs ont été enregistrés, selon le ministère de l’Intérieur. Certains occupants ont montré leur agacement devant la présence importante de caméras (plus de 700 journalistes accrédités). 1 250 policiers sont spécialement mobilisés pour l’occasion, en plus des 2 100 agents déjà présents. Les migrants sont dirigés vers l’un des 150 bus utilisés jusqu’à mercredi pour les envoyer vers des centres d’accueil spéciaux installés dans toute la France. Avant d’accéder aux autocars, ils doivent se répartir dans quatre files : adultes seuls, familles, mineurs seuls et personnes vulnérables (malades, femmes enceintes, etc.). Après un entretien, chacun a le choix entre deux régions.

Où vont être envoyés les migrants ?

450 centres d’accueil et d’orientation proposant 12 000 places sont prévus pour accueillir les migrants, dont 287 créés dans le cadre du démantèlement du camp de Calais. Ils sont répartis dans toutes les régions de France (excepté la Corse et l’Île-de-France). Ces structures ouvertes dans des bâtiments appartenant à l’État ont vocation à accueillir temporairement les migrants en situation de grande précarité. Ils bénéficient d’un accompagnement adapté (social, sanitaire, administratif), mais n’obtiennent pas d’allocation. Les services chargés de l’asile s’y déplacent pour instruire leurs demandes. En cas de refus, un migrant a un mois pour quitter le sol français.

Sont-ils disposés à partir ?

Pour l’instant, l’évacuation se fait sur la base du volontariat. Christian Salomé, président de l’association humanitaire L’Auberge des migrants, s’est inquiété ce matin du moment où il ne restera que des occupants désirant rester sur place. Selon lui, environ 2 000 personnes souhaitent à tout prix se rendre en Angleterre et n’accepteront pas d’être prises en charge dans un centre où ils devront laisser leurs empreintes digitales. La réglementation de l’Union européenne exige que les demandeurs d’asile effectuent leur demande dans le pays où leurs empreintes ont été prises la première fois. Les migrants refusant de quitter Calais s’exposent à une interpellation et à un placement en centre de rétention administrative. Des équipes de policiers seront chargées de patrouiller dans la zone pour éviter l’installation de camps sauvages.