25 octobre 2016

Tout s'explique

Changement dans la lutte contre la radicalisation en prison

Quelle était la procédure jusqu’à présent ?

Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a présenté ce matin de nouvelles mesures pour lutter contre la radicalisation en prison. Elles signent la fin des cinq « unités dédiées » annoncées après les attentats de janvier 2015 et ouvertes à partir de début 2016. Ces quartiers de 20 à 25 places sont installés dans les prisons de Fleury-Mérogis, Lille-Annoeullin, Osny et Fresnes. Ils accueillaient les détenus soupçonnés de prosélytisme islamiste et avaient pour but de les isoler des autres prisonniers. L’objectif était de les observer pendant un mois afin de mesurer leur degré de dangerosité. Au terme de cet examen, ils reprenaient une détention ordinaire ou intégraient un programme avec de la formation et des groupes de parole, faisant intervenir des chercheurs, des psychologues, mais aussi des repentis et des victimes du terrorisme. Ceux pour qui tout changement de comportement était considéré comme impossible étaient placés à l’isolement.

Par quoi va-t-elle être remplacée ?

Jean-Jacques Urvoas a expliqué que le système en place avait permis « d’entraver le prosélytisme », mais que « la prise en charge individualisée » des détenus radicalisés était « plus difficile en raison de l’effet de groupe ». Début septembre à Osny, un détenu placé dans une unité dédiée a violemment agressé deux surveillants avec la complicité d’autres prisonniers. Désormais, les détenus les plus durs seront placés dans des quartiers hautement sécurisés et « proches de l’isolement ». 300 places seront spécialement créées pour eux. Les détenus dont la radicalisation est la moins avancée seront placés avec les condamnés de droit commun, mais feront l’objet d’une surveillance spécifique.

Des initiatives existent-elles à l’étranger ?

Le gouvernement britannique a également annoncé fin août un plan visant à isoler les détenus considérés comme islamistes en les regroupant dans un quartier sécurisé au sein des prisons. Des unités spécialisées seront créées. Le personnel pénitentiaire devra aussi veiller au bannissement de toute littérature extrémiste ainsi qu’à la mise à l’écart lors des prières du vendredi de tout détenu aux propos jugés antibritanniques. En Allemagne, une association organise des groupes de parole pour les prisonniers radicalisés. Ils ont lieu en présence de travailleurs sociaux, mais aussi d’imams et de musulmans pratiquants actifs dans leur communauté religieuse. Cette association s’occupait initialement des détenus néonazis.