28 octobre 2016

Tout s’explique

Deux semaines de grève à iTélé

Que réclament les grévistes ?

Les salariés de la chaîne d’information en continu iTélé ont décidé aujourd’hui de reconduire leur grève jusqu’à lundi midi. Le mouvement dure depuis le 17 octobre. Une majorité de salariés réclament une charte éthique garantissant leur indépendance vis-à-vis du principal actionnaire, Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi, la maison-mère du groupe Canal+ à qui appartient la chaîne. Ils souhaitent aussi le départ de l’animateur Jean-Marc Morandini, mis en examen fin septembre pour « corruption de mineur ». iTélé est soumis à un plan d’économies depuis cet été. La chaîne, qui faisait déjà face à la concurrence de BFMTV a vu arriver LCI et la chaîne publique Franceinfo sur la TNT gratuite en avril et septembre.

Quelle est la position de la direction ?

Vincent Bolloré ne s’est pas exprimé publiquement depuis le début de la grève. Il avait néanmoins développé sa vision pour la chaîne en avril lors de l’assemblée générale des actionnaires de Vivendi. Selon lui, iTélé perd trop d’argent : 16 millions d’euros en 2014, 20 millions en 2015 et 25 millions en 2016 selon les projections du groupe. L’homme d’affaires a déclaré en juin dans Les Échos que la chaîne lancée en 1999 devait s’appuyer sur « les forces de Vivendi et Canal+» et « couvrir plus de sport, plus de cinéma, plus de culture, plus d’économie, plus d’international ».

Quels sont les cas d’intervention de la direction dans l’éditorial ?

Trois journalistes du groupe Canal+ ont porté plainte le 17 octobre contre Vincent Bolloré. Ils l’accusent d’avoir empêché la diffusion en 2015 d’un documentaire dénonçant un système d’évasion fiscale au sein d’une filiale du Crédit Mutuel, banque avec laquelle Vivendi a réalisé sa montée au capital de Canal+. Le Monde a également révélé en septembre 2015 que l’industriel avait critiqué une enquête sur l’Olympique de Marseille diffusée sur Canal+. Or, le championnat de France de football est l’un des produits d’appel de la chaîne. « Rien ne dit que demain, ce qui se passe sur l’investigation ou le sport ne concernera pas également iTélé », s’était inquiété en mars le président de la société des journalistes de Canal+/iTélé Olivier Ravanello, qui a annoncé la semaine dernière qu’il quittait la chaîne.