• Déblocage en Espagne. Le Parti socialiste espagnol (PSOE) a décidé dimanche de s’abstenir lors du prochain vote de confiance et de laisser ainsi les conservateurs former un gouvernement après dix mois d’impasse politique et deux élections législatives n’ayant pas permis de dégager une majorité. Un troisième scrutin aurait « provoqué une dégradation très forte du système politique espagnol, perçu comme incapable de résoudre la situation de blocage, analyse dans Le Monde le politologue espagnol Fernando Vallespin. Or le PSOE est un parti du système, au sens noble du terme, un parti attaché au fonctionnement des institutions. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ne peut pas non plus s’allier avec Podemos et les indépendantistes catalans, dont le but est justement de liquider le système actuel. »

  • La « jungle » évacuée. Les forces de l’ordre ont évacué de lundi à mercredi le camp de Calais appelé la « jungle », où résidaient plus de 5 000 migrants, pour la plupart désireux de se rendre au Royaume-Uni. « Ce qui est annoncé, c’est que ce sera la fin du bidonville de Calais. La fin nous avait été promise par Sarkozy en 2003, par Besson en 2009, etc. Je pense que ce ne sera pas plus la fin que les autres fois », a déclaré sur Arte Violaine Carrère, chargée d’études au sein du Groupe d’information et de soutien des immigrés, une association qui offre des conseils juridiques aux étrangers.

  • Baisse du chômage. Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a diminué de 1,9 % en septembre, enchaînant son troisième trimestre de baisse consécutif. Il reste tout de même en hausse de près de 20 % par rapport à mai 2012. « La promesse de l’actuel président était de faire baisser le chômage, pas de le maintenir, rappelle Éric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques. Seulement, François Hollande pourra toujours dire que ses réformes ont porté leurs fruits. Il laissera le chômage sur une tendance baissière, alors qu’il a hérité d’une tendance à la hausse lors de sa prise de fonction. »

  • Ceta en suspens. L’Union européenne et le Canada ont annulé le sommet prévu en fin de semaine au cours duquel devait être signé leur traité de libre-échange (Ceta), l’opposition de la Wallonie bloquant la signature de la Belgique. Un accord entre les parties prenantes belges a cependant été trouvé jeudi, moyennant plusieurs aménagements. « La Belgique a respecté la démocratie, dans la mesure où elle a consulté ses entités régionales, conformément à sa Constitution, estime dans La Croix Charles de Marcilly, un responsable de la Fondation Robert-Schuman qui œuvre en faveur de la construction européenne. Maintenant, toute la question est de savoir si la démocratie signifie que le pouvoir de décision doit être accordé à l’unanimité ou à une majorité qualifiée au risque de devoir se contenter d’accords conclus sur le plus faible dénominateur commun. »

  • Fracture au Venezuela. L’opposition au président vénézuélien Nicolas Maduro a organisé hier une grève générale. Mardi, le Parlement, où l’opposition est majoritaire, a voté en faveur d’un procès en destitution du chef de l’État qui de son côté ne reconnaît plus les décisions prises par les députés. « L’Assemblée nationale a défini les grandes lignes de ce que sera sa bataille politique : les actions de protestation populaire, la démonstration de force de la majorité (au Parlement) et l’appel à la pression internationale », analyse le politologue Luis Vicente Leon interrogé par l’AFP.