31 octobre 2016

Tout s’explique

Le FBI s’intéresse à nouveau au serveur d’e-mails d’Hillary Clinton

Qu’est-il reproché à la candidate démocrate ?

Lorsqu’elle était secrétaire d’État (l’équivalent du ministre des Affaires étrangères) entre 2009 et 2013, Hillary Clinton a utilisé par « commodité » un serveur privé pour ses e-mails professionnels. Le FBI a analysé cette correspondance pour savoir si l’utilisation de ce serveur avait représenté une « mauvaise gestion » intentionnelle d’informations classifiées. L’enquête a été bouclée en juillet. James Comey, le directeur du FBI a alors recommandé de ne pas poursuivre l’ex-secrétaire d’État, tout en qualifiant son comportement et celui de ses conseillers d’« extrêmement négligents ». C’est le même James Comey qui a informé vendredi plusieurs élus du Congrès que ses agents allaient passer en revue des e-mails, récemment découverts, reçus et envoyés par Huma Abedin, une conseillère proche d’Hillary Clinton.

En quoi consistent ces nouveaux e-mails ?

Ces nouveaux e-mails sont apparus dans une enquête séparée visant le mari d’Huma Abedin, dont elle est séparée, avec laquelle il partageait un ordinateur portable. Ce dernier, ex-parlementaire démocrate, est poursuivi pour l’envoi de messages à caractère sexuel à une jeune fille de 15 ans. Le FBI a constaté que certains messages contenus dans le disque dur de l’appareil ont transité par le fameux serveur privé d’Hillary Clinton. Huma Abedin disposait d’une adresse e-mail rattachée à ce serveur. Dans son courrier aux élus du Congrès, le directeur du FBI dit estimer nécessaire de vérifier si ces messages contiennent des informations classifiées et s’ils apportent de nouveaux éléments.

Quelles conséquences peuvent avoir ces révélations ?

James Comey est fortement critiqué par les Démocrates pour son courrier « lourd en sous-entendus et léger en matière de faits », selon le directeur de campagne d’Hillary Clinton. Le FBI a reçu hier l’autorisation de la justice d’exploiter les 650 000 e-mails contenus dans l’ordinateur et son directeur ne sait pas encore ce que cette correspondance contient. On ignore également si les enquêteurs auront le temps de livrer leurs premières conclusions avant l’élection présidentielle du 8 novembre. James Comey estime quant à lui qu’il se devait de rendre publique cette nouvelle enquête. Son courrier aux élus du Congrès bouleverse la campagne et redonne de l’élan à Donald Trump. Hillary Clinton a demandé au FBI d’en dire plus, le plus vite possible.