3 novembre 2016

Tout s'explique

Les clés du scrutin présidentiel américain

Quels sont les États qui peuvent faire la différence ?

L’élection présidentielle américaine aura lieu mardi. Les citoyens américains éliront, État par État, des grands électeurs affiliés à l’un des candidats qui, à leur tour, consacreront l’élection du nouveau président. Chaque État compte un nombre de grands électeurs proportionnel à sa population. La principale spécificité du scrutin est la règle dite du « winner takes all » (le gagnant emporte tout). Ainsi, dans la quasi-totalité des États, le candidat arrivé en tête se voit attribuer l’ensemble des grands électeurs. Pour l’emporter, un candidat doit réunir 270 des 538 grands électeurs. Certains États sont traditionnellement acquis à l’un des deux camps, comme la Californie (55 sièges) ou l’État de New York (29) aux Démocrates, le Texas (38 sièges) aux Républicains.

Quelle est la stratégie des candidats ?

Conséquence de ce système, les candidats concentrent leurs efforts, particulièrement en fin de campagne, sur les « swing states » (États balanciers), les plus indécis, ceux qui sont susceptibles de pencher d’un côté ou de l’autre. Parmi les plus importants en nombre de grands électeurs : la Floride, la Pennsylvanie, l’Ohio, la Caroline du Nord (où les deux candidats font campagne aujourd’hui). Six États pourraient représenter ce que plusieurs médias américains qualifient de « pare-feu » en faveur d’Hillary Clinton : le Colorado, la Pennsylvanie, le Wisconsin, le Michigan, la Virginie et le New Hampshire. Le site Vox estime que si elle remporte ces États, son élection est quasiment assurée. C’est dans ces États que Donald Trump a multiplié les déplacements ces derniers jours pour tenter d’y arracher une ou plusieurs victoires indispensables pour lui.

Les sondages ont-ils une signification ?

Les dernières indications des instituts de sondage montrent un resserrement du vote populaire à la suite de la décision du FBI de reprendre son enquête sur le serveur d’e-mails privé d’Hillary Clinton. Un sondage du New York Times publié aujourd’hui lui donne 45 % des voix contre 42 % à Donald Trump, mais avec une marge d’erreur de 3 points. Cependant, il est possible de remporter l’élection (en nombre de grands électeurs) en perdant le vote populaire. Ce fut le cas de George W. Bush en 2000, devancé par Al Gore de plus de 540 000 voix au plan national. L’écart est souvent important entre les deux comptabilités. En 2012, Barack Obama l’a emporté avec 61,7 % des voix des grands électeurs, mais 51,1 % du vote populaire (contre 47,2 % à son adversaire Mitt Romney).