9 novembre 2016

Tout s'explique

Les projets de Trump au pouvoir

Quels sont les principaux axes de son programme ?

Les thèmes sur lesquels Donald Trump a axé sa campagne sont le protectionnisme et l’isolationnisme, qui permettraient aux États-Unis de se concentrer sur leurs problèmes et de restaurer leur grandeur. Cette ambition est résumée dans le slogan « Make America great again ». Il prône l’abandon des traités de libre-échange en cours de négociation. Il prévoit également la suppression du système d’assurance maladie instauré par Barack Obama, une réduction massive des impôts et la modernisation des infrastructures. Ses propositions sont rarement chiffrées ou détaillées. Sur le plan environnemental, il avait annoncé son intention d’annuler l’accord de Paris sur le climat. Si les États-Unis ne peuvent renoncer à leur signature, ils auront la possibilité de revoir leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Fera-t-il tout ce qu’il a dit ?

La campagne de Donald Trump a été marquée par ses propositions-chocs : faire financer par le Mexique la construction d’un mur à sa frontière, bannir temporairement les musulmans des États-Unis, se retirer de l’accord de libre-échange nord-américain ou reconnaître l’annexion de la Crimée par la Russie. Le site de NBC News, après avoir compilé des centaines de discours, d’interviews et de conférences de presse, a recensé 141 changements de points de vue sur 23 sujets depuis son entrée en campagne de juin 2015. Le 30 mars, il a changé deux fois d’avis en huit heures sur l’avortement. S’agissant des musulmans, il a renoncé en juillet à l’interdiction d’entrée et l’a remplacée par un « examen minutieux » pour les personnes venant de « territoires » suspects.

Comment travaillera-t-il avec le Congrès ?

Le renouvellement partiel du Sénat et de la Chambre des représentants était également en jeu hier. Les électeurs ont donné au Parti républicain une majorité dans ces deux assemblées qui forment le Congrès. La ligne du parti a évolué pour se rapprocher des positions de son candidat sur plusieurs sujets, notamment le commerce international (le parti est traditionnellement moins protectionniste) et l’immigration (il est plus ouvert). Pour rapprocher ses positions de celles des parlementaires, Donald Trump, qui n’a jamais eu de mandat politique, pourra s’appuyer sur son vice-président Mike Pence. Celui-ci a siégé à la Chambre des représentants de 2001 à 2013 avant de devenir gouverneur de l’Indiana.