16 novembre 2016

Tout s'explique

Macron annonce sa candidature à l’élection présidentielle

Quelles sont les idées d’Emmanuel Macron ?

L’ex-ministre de l’Économie Emmanuel Macron a annoncé ce matin sa candidature à l’élection présidentielle lors d’une visite dans un centre d’apprentissage à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Il a déclaré que son ambition n’était pas de « rassembler la gauche », mais « les Français », laissant ainsi entendre qu’il ne participerait pas à la primaire organisée par le PS. Dénonçant les « blocages » des « corporatismes de tous ordres » et les « appareils politiques », il s’est présenté en candidat antisystème. Dans un entretien à L’Obs du 10 novembre, il avait esquissé huit pistes de réformes, parmi lesquelles une modulation de la durée du travail en fonction de l’âge (et la fin des 35 heures pour les jeunes), une retraite à la carte (selon le métier exercé et la situation personnelle), ainsi qu’un droit au chômage en cas de démission et pour les travailleurs indépendants et les auto-entrepreneurs.

Qui sont ses soutiens ?

Le mouvement En marche, lancé en avril par Emmanuel Macron, revendiquait cet après-midi près de 100 000 adhésions en ligne. Il suffit de donner son adresse e-mail pour être inscrit. Il ne s’agit donc pas d’un chiffre reflétant les militants prêts à s’investir dans la campagne. Emmanuel Macron est soutenu par une trentaine de parlementaires PS, dont Gérard Collomb, sénateur du Rhône et maire de Lyon, et Richard Ferrand, député du Finistère. Au centre et à droite, Emmanuel Macron a rallié Renaud Dutreil, ex-ministre de Jacques Chirac, et le député européen Jean Arthuis, qui avait soutenu François Bayrou à la présidentielle de 2012. Le manque de soutiens politiques risque de compliquer la tâche du candidat dans sa recherche de signatures d’élus (500 parrainages sont nécessaires pour se présenter).

Quel est son bilan au ministère de l’Économie ?

Ministre de l’Économie entre août 2014 et août 2016, Emmanuel Macron est surtout connu pour la loi qui a pris son nom. Combattue par l’aile gauche du PS, elle balayait un champ large et avait pour ambition de « déverrouiller l’économie française » : libéralisation du transport par bus, extension des ouvertures des commerces le dimanche, réforme du permis de conduire et du notariat, etc. Les économistes de la société d’assurance-crédit Euler Hermes estimaient en août que l’impact sur la croissance était limité à 0,05 point. 1 430 emplois ont été créés dans le secteur des bus, selon une enquête de France 2 en octobre. L’ancien ministre comptait ensuite faire adopter un projet de loi appelé NOE (pour « nouvelles opportunités économiques »), qui fut finalement fusionné en partie avec la loi Travail.