17 novembre 2016

Tout s'explique

Le programme économique des candidats de droite

Sur quels sujets y a-t-il un consensus ?

Les sept candidats à la primaire de la droite débattront ce soir lors d’une troisième émission télévisée. L’échéance peut s’avérer décisive à trois jours d’un premier tour incertain. Leurs programmes économiques respectifs sont très proches. Quasiment tous se proposent pour une harmonisation des régimes de retraite du public et du privé ou la fin des 35 heures. Les candidats sont tous d’accord pour relever l’âge légal de départ à la retraite actuellement fixé à 62 ans. Ils penchent également pour une réduction du nombre de fonctionnaires et des conditions plus avantageuses sur les droits de succession. Les candidats promettent également moins d’impôts, de cotisations patronales et de dépenses publiques. Enfin, la plupart d’entre eux prévoient un déficit public supérieur à 3 % du PIB lors des premières années du quinquennat.

Quels sont les principaux désaccords ?

Les candidats se distinguent par l’ampleur de leurs réformes. S’ils sont favorables à l’augmentation du taux de TVA (le taux normal est actuellement fixé à 20 %), Alain Juppé, François Fillon et Jean-François Copé veulent respectivement le faire passer à 21 %, 22 % et 23 %. Ils sont également tous d’accord pour que les fonctionnaires travaillent davantage, mais Bruno Le Maire souhaite encourager les heures supplémentaires quand Jean-François Copé et François Fillon suggèrent de fixer le temps de travail hebdomadaire à 39 heures. Jean-François Copé plaide pour une baisse des dépenses publiques de 81 milliards d’euros en cinq ans alors que Nathalie Kosciusko-Morizet, François Fillon, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé souhaitent aller jusqu’à 100 milliards.

Quelles sont les propositions les plus originales ?

Les candidats les moins plébiscités par les sondages sont aussi ceux qui présentent le plus de propositions inédites. Jean-Frédéric Poisson veut notamment interdire la présentation d’un budget de l’État en déficit. Nathalie Kosciusko-Morizet se distingue des autres candidats par son souhait de maintenir l’impôt sur la fortune et d’instaurer un taux unique de 20 % pour l’impôt sur le revenu. Chaque personne, qu’elle soit au chômage ou en emploi, bénéficierait en contrepartie d’un revenu universel de 470 euros.