22 novembre 2016

C'est leur avis

Le syndrome du favori des sondages et des médias

Pour le directeur éditorial du Monde Gérard Courtois, le score décevant d’Alain Juppé au premier tour de la primaire de la droite s’explique par un rejet des favoris désignés. Les candidats que sondages et médias donnent vainqueurs longtemps avant le scrutin séduisent rarement les électeurs.

« Les électeurs n’aiment pas les choix imposés, ils détestent qu’on leur force la main et mettent un talent certain à contrarier les matchs qu’on leur présente joués d’avance. Giscard l’a appris à ses dépens en 1981, Balladur en a fait la pénible expérience en 1995 et Jospin, plus cruellement encore, en 2002. Sans parler de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé en subit aujourd’hui l’épreuve : placé depuis 18 mois en position de favori, il a paru, notamment lors des débats télévisés, trop soucieux de préserver cette position avantageuse. Le message des électeurs l’a brutalement fait redescendre de son nuage. » Gérard Courtois